




Mazamet : 79e pélerinage à Notre Dame du Sanguinou
Yves Couzinié a accueilli pour ce 79e pèlerinage, les participants abrités sous les toiles d’un chapiteau consolidé car l’épisode venteux de 2025 est resté dans toutes les mémoires. Il a salué la présence aux pieds de Sainte Marie du Sanguinou, de nombreux fidèles dont Denise Gavalda, propriétaire du lieu, de Yohan Ziegler, maire de Caucalières, Vivien Lacroux, maire d’Aiguefonde et autres élus de Noaillac, Pont de l’Arn et du curé de Mazamet, Laurent Pistre ainsi que 13 porte-drapeaux.
Petit rappel historique : Le 1er pèlerinage a eu lieu en 1947 à l’initiative du René Veaute, curé de Caucalières ; celui-ci a passé commande en 1954 au sculpteur Raoul Vergnes, d’une statue de Sainte-Marie de Sanguinou ; c’est cette statue qui a été restaurée ; elle vient s’ajouter au buste-reliquaire de la vicomtesse Cécile de Provence. Cette dernière est connue pour être une bienfaitrice de l’abbaye de l’Ardorel, abbaye bénédictine, qui a disparu après les guerres de religion. Depuis 2017, Marcheurs et Pèlerins a pris en mains l’organisation de ce pèlerinage et le 8e RPIMa y est représenté ; il n’a pu se libérer cette année en raison de sa participation à des opérations extérieures.
Il est mignon tout plein ou la confrontation de la volonté humaine et du dessein de Dieu : A 7h30, trente pèlerins prennent le départ depuis l’église St-Michel de Payrin-Augmontel ; à 9h15, un dépôt de gerbes a eu lieu au monument aux morts de Caucalières. Les gens se rassemblent par centaines sous les chapiteaux pour la messe célébrée par l’abbé Laurent Pistre. L’animation des chants est assurée par le chœur paroissial dirigé par Yves Couzinié. La liturgie de ce dimanche met en avant la quête de Dieu qui caractérise tout chrétien ; Le prophète Jérémie met l’accent sur l’initiative de Dieu : « Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. » Malgré la persécution, le croyant est invité à poursuivre son chemin de foi. Le psaume 62 l’exprime ainsi : « Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu ! ». Matthieu l’évangéliste narre l’épisode de l’annonce de la Passion de Jésus, épisode que Pierre veut empêcher. – Passe derrière moi, Satan, lui dit Jésus, qui conclut le récit en disant : – Qui veut sauver sa vie la perdra mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera !. Dans son homélie, l’abbé Laurent Pistre explique cette opposition entre volonté humaine et volonté divine. -Il est mignon tout plein, dit-on en parlant d’un bébé qui vient de naître ; l’enfant veut tout pour lui ; il veut dévorer le monde qui se présente à lui ; ainsi l’homme dès le début veut tout prendre. Il lui faut apprendre à donner ; passer de prendre à donner exige quelque effort. Car qui veut sauver sa vie la perdra. Sans cette offrande de la vie, nous pouvons passer à côté du bonheur. De quel don parlons-nous ? Il s’agit du don à son conjoint, du don à ses proches, à ses enfants. Des personnes n’ont pas appris à donner, à se donner. J’ai l’exemple de jeunes couples qui se confient à moi et qui ne veulent pas avoir d’enfants. Dans ce lieu du Sanguinou, depuis 1000 ans, la Vierge Marie est honorée ; vierge, elle devient mère. Enceinte, elle rend visite à sa cousine Elisabeth, qui attend elle-même un enfant, le futur Jean-Baptiste et dont le mari Zacharie est devenu muet. Elle entonne alors le Magnificat et suis ensuite Jésus jusqu’à la Croix. Il s’agit pour nous de passer de l’habitude de tout prendre à la joie de se donner, se donner entièrement comme la Vierge Marie. »
Des agapes sous chapiteau et une prière finale en la chapelle. Après la messe, suivait La procession traditionnelle jusqu’au cimetière avec l’évocation des anciens qui nous ont quitté dont ceux du 8e RPIMa puis l’envol éphémère des pigeons qui ont regagné d’un coup d’ailes leur lieu de retrait. Le repas a permis à chacun de se restaurer après un apéritif offert par l’association Marcheurs et Pèlerins. Enfin la prière du chapelet menée par l’abbé Laurent Pistre clôturait cette journée ; ainsi ont été rappelés les décès des prêtres Claude Cugnasse et Guy Rouquier ainsi que du soldat Florian Gilet du 8e RPIMa, mort le 16 juin dernier au Liban. La paroisse du Christ-Roi de Mazamet maintient ainsi vive la tradition de ces manifestations de piété populaire, ancrée dans la mémoire locale et qui n’exclut pas le moment d’agapes toujours très conviviales.
Pierre-Jean Arnaud
