
Graulhet : 10e Cuir dans la peau – les trésors de Cuir en stock
Les 21 et 22 octobre, la Toscane Occitane a organisé avec ses partenaires de la Maison des Métiers du Cuir et différents acteurs de la filière cuir, la 10e édition de Cuir dans la Peau, l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les entreprises graulhétoises qui participent à la renommée et au rayonnement du cuir, en France et à l’international. Cuir en stock était l’une de ces entreprises au sein de laquelle tout quidam, tout amateur de cette superbe matière qu’est le cuir, pouvait donner libre cours à ses investigations durant les deux jours de cette 10ème édition. Une tradition artisanale que Camille Austruy, 7ème génération dans le cuir à Graulhet, s’efforce de perpétuer en ne tarissant pas d’éloges sur le cuir, objet de ses attentions quotidiennes : « Le cuir est une matière vivante, assure-t-elle, uniquement issue d’un animal. Pour les adeptes du bien-être animal, il faut préciser tout de suite, que l’animal n’est pas élevé pour sa peau mais pour sa viande ; le mouton, l’agneau sont d’abord élevés pour la viande et ensuite on prélève la peau, celle-ci étant un déchet.»
Du tannage du cuir
Pour parvenir à l’état de cuir, cette matière est d’abord une peau, le plus souvent recouverte, de laine, de poils, de plumes, qu’il faut traiter à l’aide du tannage. On distingue trois sortes de tannages : le tannage végétal qui s’opère à base d’écorces, de quebracho, de châtaignier, la peau obtenue étant assez lourde, assez rigide ; le tannage minéral permet d’obtenir une peau plus souple et plus légère, en la trempant dans un bain liquide à base de chrome ; le tannage écologique à base de pierre d’alun permet de rendre la peau imputrescible ; on utilise cette dernière par exemple pour l’intérieur des chaussures.
Du crocodile au galuchat : le cuir dans toutes ses états et dans toutes ses peaux

Comme tirant ses peaux d’une boîte aux trésors, Camille Austruy a ensuite présenté un assortiment de peaux les plus divers depuis celles classiques de la vache, du veau, de l’agneau, de la chèvre, jusqu’à celles plus exotiques du kangourou (dont on fit les premières chaussures crampons de foot ou de rugby), du serpent d’eau wips (autour de 15€), du serpent karung (autour de 50 €), et du serpent python, le roi des serpents valorisé autour de 500 €. On doit écarter les animaux protégés tels les zèbres, éléphants et autres rhinocéros. On retrouve ensuite les peaux de poisson, comme la perche du Nil, le saumon, le loup de mer ou la raie. Nous arrivons au crocodile dont la peau pour être vendue, doit être accompagnée du certificat CITES attestant de sa provenance, à l’iguane dont on fait les bracelets de montre et enfin au galuchat. Ce dernier cuir provient de la peau de certains poissons cartilagineux, comme la roussette, le requin ou la raie ; il tire son nom de Jean-Claude Galluchat, maître gainier au service du roi Louis XV, qui a popularisé cette technique ; le galuchat a été utilisé pour la lunette marine du célèbre navigateur albigeois, François de Lapérouse. Cette matière est prisée des maroquiniers d’excellence.

Des kits à monter soi-même
En plus des peaux de toutes espèces et des échantillons plus ou moins grands, provenant de stocks de produits recyclés et utilisés pour la décoration, l’ameublement ou l’équipement de la maison, Cuir en Stock commercialise des kits à monter soi-même, tout à fait indiqués pour vos commandes des fêtes de Noël et de fin d’année. C’est ainsi que l’on retrouve entre autres, des trousses de toilettes ballon de rugby, des ceintures, des sacs à mains, des sacs bananes ; c’est « une occasion ludique de se familiariser avec cette noble matière qu’est le cuir. » www.cuirenstock.com. 493 chemin de Catougnac -Graulhet.
Pierre-Jean Arnaud
