Le préfet s’exprime…le 14/01

Albi : Le Préfet s’exprime sur l’économie, le narco-trafic, l’A69, l’agriculture

C’est un passage en revue des différentes affaires du moment que Simon Bertoux, nommé depuis 2 mois à la tête des services de l’Etat, a souhaité réaliser le 14 janvier devant un parterre de journalistes de la presse écrite, radio et télévision. « Après un bon accueil par les forces vives du département, une dizaine de visites communales et des visites d’entreprises, j’ai passé beaucoup de temps avec le monde agricole (chambre d’agriculture, exploitations, …).

Avant d’aborder le thème de la sécurité soit fin janvier, soit début février, je parlerai avec vous de 4 sujets : économie, narcotrafic, A69 et agriculture.

Pour ce qui est de l’économie, attentisme et incertitude. L’économie du Tarn est très diversifiée avec un secteur industriel fort et beaucoup d’activités. Après avoir supporté la crise liée au COVID, l’économie a subi une baisse en 2025 ; le taux de chômage se situe à 8% (chiffre de l’été 2025) contre 8,9% en Occitanie et 7,3% au niveau national. Mais on a une baisse des offres d’emploi de 8%. L’investissement public est en baisse et l’investissement global baisse ; les chefs d’entreprise sont en position d’attentisme pour leurs plans d’investissement. Parmi les entreprises en difficulté, on trouve Mecanuméric qui a fait l’objet d’un plan de redressement ; 18 emplois dans les fonctions support ont été supprimés ; deux offres de reprise ont été proposées ; les nouveaux propriétaires seront bientôt rencontrés. On suit les entreprises aussi COMAO et SAFRA depuis sa reprise. On est attentif aussi à la filière textile et à la filière du cuir. L’Etat met en place à destination des entreprises en difficulté un ensemble de mesures défensives, comme l’étalement des dettes sociales. Un appel est donc adressé aux chefs d’entreprise concernés. Nos partenaires sont la Chambre de commerce et d’Industrie ; une équipe des services de l’Etat est à Castres. D’autres entreprises investissent : Pierre Fabre, SIAT, Menguy’s. On a beaucoup d’attentisme chez les entreprises tarnaises touchées par la concurrence chinoise. L’Etat local peut répondre aux inquiétudes des entreprises et les aider à avancer. Les Moulins du Dadou ont vu la fermeture du site ; il est indiqué que les propriétaires précédents n’avaient pas suffisamment investi. Reste à reclasser les salariés. C’est aussi une mission importante dévolue à l’Etat qui incite à utiliser les outils et dispositifs existants notamment via l’ADEME ou d’autres organismes. Pour ce qui est de la VOA, Veralia va procéder à un investissement très important dans les 5 à 10 ans pour électrifier ses fours et réaliser avec RTE une ligne de 7 km de long pour aller jusqu’à Pélissier basculant du gaz à l’électricité. La Banque de France tient une liste des entreprises en difficulté ; il s’agit de pouvoir éviter des cas de fermeture comme celle de la SCOP Cabrol et Milhau l’an passé. Pour ce qui est des Moulins du Dadou, c’est un site à remettre en état.  Reclassement des salariés ; à envisager ; il y a des autres sites dans le nord de la France. Les Moulins du Dadou ne sont pas aux standards de la meunerie. A Sorèze, il y a un moulin avec projet d’extension ; le permis de construire est en cours. Le groupe In Vivo a ses propres sites, dans la région de Lyon. Dans le Tarn, il existe une filière agricole de blé, de la meunerie ; elle a son propre réservoir pour broyage de la région.

Pour ce qui est de l’A69 : « Nous déployons beaucoup d’énergie à convaincre nos partenaires de la légalité de l’autorisation environnementale ». La Cour d’appel a confirmé la poursuite le chantier. Il faut en terminer. Notre souhait est que ls tensions s’apaisent et que les Castrais puissent bénéficier de cette infrastructure. Les contrôles opérés ont fortement mobilisé les services de l’Etat ( OFD : Office Français de la Diversité ; DDT pour ce qui concerne l’eau et les ouvrages permettant son ruissellement ; DREAL pour les espèces protégées et les zones humides, les centrales d’enrobé). Ces contrôles sont sans précédent ; ils pèsent sur la qualité de vie des agents. Pour ce qui est des mises en demeures, 19 mises  en demeures ont été adressées et 16 ont été clôturées, la réponse du concessionnaire ayant permis de régler le sujet. L’arrêté préfectoral du 8 janvier a permis d’établir une liste de mesures conservatoires. Le JLD, juge de la Détention et de la Liberté du Tribunal judiciaire  de Toulouse, par une ordonnance rendue le 12 janvier 2026 a demandé l’évacuation  par le concessionnaire des zones hors emprises (bases de vie, engins de chantiers, déchets…) et sollicité dans le délai d’un mois, sous peine d’astreinte de 20 000euros par jour de retard,  un certain nombre de mesures conservatoires : achèvement et maintien des ouvrages d’art d’assainissement pour l’écoulement des eaux, la pose de clôtures le long de l’A69 pour la protection de la faune, la végétalisation des surfaces nues pour stopper la prolifération des plantes invasives. De plus, un certain nombre de mesures de compensation permettront grâce notamment aux îlots de sénescence de sanctuariser des zones propices au développement et au maintien de la biodiversité ; ATOSCA s’est engagé à fournir un état précis de ces zones de compensation. Reste ensuite à poursuivre le chantier ; deux ou trois ouvrages d’art restent à réaliser. Le gros du travail va consister à poser la bande de roulement. Deux centrales temporaires d’enrobé sont installées à Villeneuve-Les-Lavaur et à Puylaurens ; le train de l’enrobage ne peut pas s’arrêter et occasionnera du bruit en-dehors des horaires habituels d’activité. Un arrêté préfectoral a été pris sur cette dérogation relative au bruit. Certains maires ont répondu favorablement. Toute une étude est aussi réalisée sur la gestion des plans de trafic concernant les poids lourds, les pompiers, les services de police et de gendarmerie, les secours. La voie verte reste aussi à régler. Pour ce qui est de la fin des travaux : octobre ou automne 2026.

Pour ce qui est du narcotrafic :  Des contrôles ont été effectués à Lapanouse, sur fond de rivalité de bandes entre les quartiers de Cantepau et de Lapanouse. De même à Castres, les quartiers de Lameilhé et Aillot ont été touchés par des faits divers liés à la drogue ; les délinquants disposant d’un arsenal d’armes impressionnant : les traces laissées par les auteurs d’infractions sont analysées et ont permis de procéder à une série d’interpellations fin décembre. Il y a eu d’autres fusillades à Lapanouse ; ces gens-là sont suivis. La loi Narcotrafic du 13 juin 2025 met à disposition des autorisations administratives des outils ; ainsi l’interdiction de paraître dans un lieu donné ; « 11 mesures de ce type ont été prises par mon prédécesseur et 7 l’ont été par moi-même sur Castres dans différents quartiers ». Des AFD (amendes forfaitaires délictuelles) de 500 € ont également été délivrées à des consommateurs de drogue : 2 à Cantepau et 1 au centre-ville ; ces amendes s’appliquent quelque soit la quantité détenue, mais ne visent pas les mineurs. Cela ne s’applique pas aux mineurs. Une autre mesure a été utilisée dans le centre d’Albi : la résiliation d’un bail commercial demandé par le préfet.  Alet Castres sont concernées par le trafic de stupéfiants avec usage d’armes lourdes. Pour ce qui est de Gaillac ou Graulhet, qui sont des zones de gendarmerie, il y a des lieux de livraison de produits illicites.

Pour ce qui est des agriculteurs : C’est la question du revenu qui est à la base de ces manifestations. Beaucoup d’entre eux ont un revenu inférieur à celui du SMIC. Il y aune déconnexion entre leur engagement et le service rendu à la société. Ils ont une attente très forte de simplification (PAC, produits phytosanitaires…). D’où la crise. Le mouvement est au cœur de nos préoccupations. On a envie d’être visible ; c’est la volonté des agriculteurs. On se voit souvent ; des agriculteurs veulent peser sur l’opinion. On est attentif à nos agriculteurs. On assiste aussi de la part de certaines organisations (Coordination rurale), à des opérations coup de poing, des blocages ; ces opérations présentent un risque pour la sécurité et pour les agriculteurs eux-mêmes. Message : l’Etat empêche les agriculteurs d’être des agriculteurs. Au niveau départemental, les agriculteurs sont aidés. Mais l’Etat ne peut pas accepter des messages qui sont blessants ; ainsi des dépôts sur la voie publique ont un coût pour la collectivité publique ; pour la Communauté de l’Albigeois : pneus, amiante. Un dépôt de plainte contre X a été déposé : la personne qui a déposé la barrière. Il y a aussi plainte pour l’intrusion dans la cité administrative car le mécanisme d’ouverture des barrières a été détérioré ; il est à réparer.  Dans le Tarn, ces dégradations sont d’une ampleur limitée. Mais il y a une ligne rouge qu’on ne peut pas dépasser. Cela concerne aussi des responsables institutionnels. C’est un mouvement à gérer avec souplesse ; la population française est solidaire des manifestations agricoles, même si cela occasionne des gênes dans la vie de tous les jours. Sur l’A64, il y a évacuation du barrage. Il y a eu une réunion avec les commerçants qui ont subi des pertes de chiffre d’affaires : exemple galerie du Séquestre, dans la restauration.

Les réponses aux agriculteurs sont les suivantes : il y a eu la lettre du premier ministre, la réunion du 12 décembre avec la ministre Genevard. La mesure de traitement DNC  et les 38 communes concernées par la zone réglementée.

Zone vaccinale : la campagne de vaccination débutée le 19 décembre a permis de procéder à la vaccination de presque la totalité des bovins du Tarn avant la fin de 2025, avec le concours de la Maison d’Elevage ; 105 000 sur 125 000 bovins ont été vaccinés soit 85% du total. Un véritable tour de force de la part des vétos.

C’est une affaire de jours. Un plan de soutien économique a été consenti pour la filière viticole : 130 millions ; 550 k€ sont pour le Tarn. Sur la viticulture, primes d’arrachage ; un plan d’arrachage doit être visible avec un traitement des friches abandonnées qui présentent un risque sanitaire.

Le guichet sera ouvert pour le retard des exportations, notamment les broutards vendus en Italie ; cela à servira aux jeunes agriculteurs. Assurance : subvention doublée. Un plan de soutien aux grandes cultures. La PAC est maintenue. Une procédure de simplification est mise en œuvre, concernant les nitrates.

Pour c qui est du Zoo des 3 Vallées, un certain nombre de mesures ont été demandées qui n’ont pas été suivies. L’Etat a sélectionné 4 établissements pour accueillir les animaux. C’est l’OFB qui est chargé de l’opération. Des animaux sont en liberté : un singe capucin, une antilope.

A propos de l’abattage systématique : dans les prochains jours, une étude est attendue chez les vétérinaires nationaux pour adapter le protocole sanitaire; nous sommes sous le regard des pays européens.

Echéance électorale des municipales : Nous sommes organisés pour ce scrutin. Les communes inférieures de moins de 1000 habitants. Pas de panachage des noms ; sinon les votes seront nuls. Listes paritaires. Les ratures sont proscrites. Les dépôts de listes se font à la préfecture : 500 listes sont attendues. Pour Boisséson, 453 000 euros pour baisser la dette de la commune (1 100 000 €) ; il y avait un chemin à réaliser.

Quel regard portez-vous sur le Tarn ?  J’ai eu un programme très chargé, dont celui de l’A69.

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