Aéroport Castres-M.: non à sa fin

Ch. Ramond, Président du Conseil départemental du Tarn: réaction aéroport Castres-Mazamet
L’arrivée prochaine de l’autoroute A69 va améliorer l’accessibilité du Tarn. Elle impose de reposer lucidement la complémentarité des infrastructures à l’échelle régionale. Mais elle ne remplace pas une infrastructure aérienne. Faire croire le contraire, c’est accepter un déclassement silencieux du Tarn. C’est un enjeu d’équité territoriale et de développement économique. C’est aussi un enjeu de souveraineté nationale avec la présence du 8ᵉ RPIMa, dont les besoins ne sont pas négociables. La réunion du syndicat mixte du mardi 16 décembre avait pour objet l’engagement de travaux de mise en conformité de la piste de l’aéroport de Castres-Mazamet. La proposition présentée par le président du syndicat a été rejetée à une large majorité. De nombreuses questions essentielles restent aujourd’hui sans réponse. Elles conditionnent pourtant un vote éclairé. L’aéroport de Castres n’est pas menacé à court terme. Une délégation de service public a été lancée pour trouver un exploitant. Mais une incertitude majeure demeure : l’État continuera-t-il d’assumer sa part de financement aux côtés des collectivités locales ? La question est centrale. Aucune confirmation n’existe à ce stade sur la participation financière de l’État, alors même que cet aéroport est utilisé par le 8ᵉ RPIMa. Cet enjeu stratégique ne peut être ignoré. Contrairement à ce qui a pu être avancé, il n’y avait pas d’urgence absolue à décider. Un régime de fonctionnement dérogatoire est possible, comme à l’aéroport de Carcassonne. Il était donc légitime de prendre le temps nécessaire pour obtenir l’ensemble des engagements, en particulier ceux de l’État. On ne peut pas demander aux collectivités locales de porter seules un équipement qui dépasse l’enjeu local. L’État doit être à nos côtés, par cohérence avec ses choix en matière d’aménagement du territoire, de désenclavement et de défense nationale. Les travaux de mise aux normes, estimés à plus de 6 millions d’euros, relèvent d’une responsabilité collective. Ils appellent un engagement clair, partagé et transparent de l’ensemble des partenaires. Ce débat nécessaire ne doit pas se transformer en posture à l’approche des élections municipales. Il appelle une décision politique fondée sur les réalités du territoire et l’intérêt général. Je resterai mobilisé pour défendre l’avenir de l’aéroport de Castres-Mazamet avec détermination et sens des responsabilités.

Non, le Département ne veut pas la mort de l’aéroport de Castres-Mazamet

« Préserver la vitalité de l’aéroport est essentiel pour l’attractivité économique et touristique du territoire. Avoir le sens des responsabilités, ce n’est pas claquer la porte quand cela devient difficile, c’est rester combatif et vigilant pour trouver le point d’équilibre permettant d’assurer l’avenir de l’aéroport de Castres-Mazamet. La pérennité de l’aéroport de Castres-Mazamet est un enjeu d’équité territoriale et de développement économique. Cette infrastructure représente également un enjeu stratégique et de souveraineté nationale majeur au regard des besoins du 8ᵉ RPIMa. À ce titre, l’État ne peut rester silencieux, surtout dans le contexte international actuel.

L’utilisation militaire de l’aéroport doit se traduire par un engagement clair et formel de l’État pour les travaux de mise aux normes de la piste, estimés à 7 millions d’euros. Les collectivités territoriales ne peuvent pas porter seules un financement qui dépasse le cadre local. Il est indispensable de trouver une répartition équitable entre l’ensemble des acteurs concernés.

Pour être transparent : chaque année la participation des collectivités, au côté de l’Etat, pour combler le déficit de la ligne Castres–Paris s’élève à 4,5 millions d’euros (1,5 M € pris en charge par l’Etat, et 3 M€ pris en charge à parts égales par La Région, le Département, et l’Agglomération Castres-Mazamet). À cela s’ajoutent 520 000 euros de participation des collectivités membres du SMIX pour l’exploitation de l’aéroport.

Cela veut dire que derrière chacun des quelques 27 000 billets vendus en 2025 à l’aéroport de Castres, il y a 185 euros de participation publique. Je resterai engagé pour défendre l’avenir du Tarn, son attractivité et les infrastructures indispensables à son développement ».

Christophe Ramond, Président du Conseil départemental du Tarn

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