
Graulhet : Sur les traces de La Pérouse, navigateur albigeois
Graulhet Temps libre avait organisé une conférence ce jeudi 15 janvier après-midi ; une conférence passionnante sur le navigateur Jean-François Galaup de La Pérouse, donnée par Linda Ferré, guide-conférencière à l’AGIT, Association des guides-interprètes du Tarn.
La Pérouse une jeunesse albigeoise et une vocation de marin : La Pérouse naît le 22 août 1741 au château du Gô, à quelques kilomètres d’Albi; la demeure appartient à la famille Galaup. Jean-François est l’aîné de 11 enfants dont trois seulement deviendront adultes.. La Pérouse fait ses études au collège des Jésuites d’Albi, fondé en 1623. Rochegude suit le même cursus. A 15 ans, La Pérouse entre à l’école des Gardes de Marine de Brest. Clément Taffanel de la Jonquière le parraine. C’est l’époque de la guerre de Sept ans qui sévit en Europe de 1756 à 1763. La Pérouse devient enseigne de vaisseau à 23 ans en 1764. Promu capitaine de vaisseau le 4 avril 1780, il participe aux combats contre les Anglais au cours de la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Le 8 juillet 1783, il rencontre Eléonore Broudou, de près de 15 ans sa cadette, qu’il épouse malgré l’opposition familiale à Paris en 1783 en l’église Ste Marguerite. Il revient ensuite sur Albi et s’établit dans la maison dite de Lapérouse située au 12 rue Toulouse-Lautrec.
L’expédition de La Pérouse, de Brest à Vanikoro : Deux ans après son mariage, La Pérouse est chargé par la ministre de la Guerre, le duc de Castries, de diriger une expédition autour du monde. Les instructions y sont données dans un livret de 45 pages par le roi Louis XVI en personne ; ce dernier est un homme curieux de tout, tout à la fois mathématicien, botaniste, physicien et horloger. Le roi prône une expédition pacifique, sans exercer de violence envers les indigènes. Charles Pierre de Fleurieu, directeur des ports et des arsenaux, supervise l’équipement des navires (horloge à longitude, compas, …) pour une expédition scientifique, culturelle, commerciale et aussi politique. Il s’agit de cartographier l’Océan Pacifique en dressant des nouvelles côtes, en faisant œuvre de découverte sur le plan botanique, astronomique, physique. Il s’agit aussi sur le plan commercial d’ouvrir de nouveaux comptoirs, oeuvrant pour développer le commerce des peaux, face aux entreprises des Anglais. La Pérouse embarque sur la Boussole tandis que l’Astrolabe est confiée à Fleuriot de Langle. L’expédition embarque avec 220 hommes, 180 000 litres d’eau douce, 200 poules, 100 cochons. La Pérouse va effectuer en 3 ans de navigation 150 000 km. Parti de Brest le 1er août 1785 ; il fait escale à Madère, aux Canaries, au Brésil ; il passe le Cap Horn et met ainsi près de 7 mois pour arriver au Chili dans la baie de Concepcion. Il remonte vers le nord, accostant à l’île de Pâques puis après les îles Hawaî, il parvient en Alaska, où il perd 21 de ses hommes. Après un cabotage californien,
Il traverse alors le Pacifique pour accoster à Macao ; il repart vers les Philippines, où il fait réparer ses navires.Il revient sur la côte de la Tartarie et remonte jusqu’à la presqu’île de Kamtchatka. Il confie alors à Barthélémy de Lesseps, interprète et traducteur en russe, le journal de voyage, à charge pour lui de le ramener à Versailles, au roi Louis XVI, ce qu’il fit un an plus tard. La Pérouse reçoit sa lettre de nomination de contre-amiral à 46 ans. En route vers l’Australie, il fait escale dans les îles Samoa en décembre 1787, mais les indigènes se montrent menaçants et tuent plusieurs membres de l’expédition dont Robert de Lamanon, botaniste et Fleuriot d’Angle, capitaine de l’Astrolabe. A Botany Bay en Australie, La Pérouse côtoie les Anglais ; il leur remet ensuite des lettres et des journaux pour qu’ils soient remis par voie diplomatique au roi de France. La Pérouse remonte ensuite vers les îles Salomon ; surprises par une tempête, les deux frégates L’Astrolabe et la Boussole s’échouent à proximité de Vanikoro, île volcanique entourée d’une barrière de corail, au mois de juin 1788. C’est Louis Marie de Milet de Mureau, général de division à l’armée des Alpes, qui est chargé par le gouvernement de la rédaction du Voyage de La Pérouse conformément au décret du 22 avril 1791.
Pierre-Jean Arnaud
