Graulhet: l’ACPG redessine le spectacle

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Graulhet : le spectacle se redessine en plusieurs tableaux
30ème édition du spectacle historique sur la ville de Graulhet donné durant ces trois jours des vendredi 24, samedi 25 et dimanche 26 juillet. Ce spectacle se veut un temps fort de la vie culturelle graulhétoise estivale ; son but est de s’inscrire dans la durée puisque cela fait maintenant 30 ans qu’il est proposé aux habitants de la cité du cuir et aux amateurs de scénographies historiques. L’ACPG, association culturelle en pays graulhétois, avait pour cette édition fait le pari de renouveler le spectacle en apportant une touche différente. Notamment avec le changement du fil conducteur : là, plus d’instituteur qui apprend l’histoire à ses élèves, plus de voyageur venu du fond des âges pour raconter les événements du passé, mais un homme de presse, de médias, qui est convié avec le spectateur à faire un zoom sur les épisodes de la vie graulhétoise, de l’antiquité à nos jours.
La composante équestre et les rendez-vous de l’escrime
Dans le parc de la Bousquetarié, le cheval est roi comme dans les autres manifestations qui ont investi cet espace de pleine nature : la Fête du cheval, Biocybèle. Donc, on a pu apprécier après un ballet d’escrime réglé par les maîtres d’armes, les évolutions de Paul de Oliveira de l’écurie Kalidor. Ce dernier est un cavalier émérite, donnant la parfaite maîtrise de son art dans les évolutions qu’il impose à son cheval. Peut-être a-t-il suivi les indications du maître écuyer, le célèbre Salomon de la Broue, page du comte d’Aubijoux et écuyer du duc d’Epernon ? Salomon de la Broue écrivit un traité sur l’art équestre en insistant sur la docilité que doit avoir tout cavalier vis-à-vis de sa monture : « La principale curiosité que doit avoir le cavalérice désireux de réduire par son art et sa diligence, le cheval en la perfection de ses plus beaux exercices, est de le rendre premièrement paisible et bon à la main : car de là faut que naisse la franchise et facilité de tous les beaux airs et manège. ». Le cheval a ensuite repris du service dans les différents tableaux présentés, que ce soit dans celui de la Renaissance ou dans le tableau des légions romaines revenant d’Afrique avec le char de course et les gladiateurs.
L’épisode incontournable des cathares
Pas de spectacle annuel sans évoquer l’épisode de l’histoire controversé des cathares où l’on voit Raymond-Roger de Trencavel, vicomte d’Albi et de Carcassonne, confronté aux fameux barons du Nord avec à leur tête Simon de Montfort. A la suite de l’assassinat de Pierre de Castelnau, légat du pape Innocent III, ce dernier ordonne la croisade contre les hérétiques albigeois, dont la croyance s’inspirait du manichéisme. La paix revient et l’on voit Henri IV venir à la table de Graulhet ; le comte François d’Amboise, comte d’Aubijoux, ami des grands de ce monde, offre sa protection à Molière durant une décennie, avant que ce dernier ne reprenne les chemins de la capitale.
La Révolution et la Libération
Tout un monde s’effondre à la Révolution où les cartes du pouvoir sont redistribuées et où les Lumières dispensent un nouvel éclairage sur les esprits sous le patronage de la déesse Raison et sous le culte rendu à l’Etre suprême. Après la mutation industrielle, les conflits ouvriers du début du XXe siècle, la Libération se profile avec la figure de sœur Mitrailllette ; une nouvelle identité graulhétoise se forge et la cité du cuir tente de se reconstruire sur les cicatrices du passé. Avec cette vision rétrospective, le spectacle historique de Graulhet nous donne des éléments de réflexion, que l’on partage ou non, pour nous aider à construire l’avenir.
Pierre-Jean Arnaud- 27 juillet 2015-

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