Graulhet : 7 combattants pour la liberté

Resistance Albi 19 aout 1944 7 Graulhetois 002 Resistance Albi 19 aout 1944 7 Graulhetois 005 Resistance Albi 19 aout 1944 7 Graulhetois 008 Resistance Albi 19 aout 1944 7 Graulhetois 009Graulhet-St Roch : 7 combattants pour la liberté
Un combat inégal
C’était de grand matin, à 6 heures, ce 18 août 1944, après une nuit de demi-sommeil dans le bois de Carlus, les résistants graulhétois arrivés la veille de la Courbe, prennent position à l’entrée d’Albi, près de l’endroit où se trouve maintenant la stèle commémorative, autrefois un champ de maïs. Face à eux, 60 soldats allemands, l’équivalent d’une compagnie, en rang par 6 ; puissamment armés, ils disposent d’une mitrailleuse. L’affrontement a lieu entre soldats aguerris et les 12 résistants qui sont pour certains des combattants de fraîche date. Les Allemands se dispersent et reçoivent des renforts venant du terrain du Séquestre. Les Graulhétois sont pris à revers et sept d’entre eux sont tués. Parmi les cinq survivants, René Rouanet avait raconté en août 2008 dans les colonnes de l’Echo du Tarn, cet épisode qui lui avait valu la vie sauve : « Replié dans le champ de maïs, je dois mon salut à la vitesse ; sportif, je jouais trois quarts aile dans l’équipe d’Albi XIII. Deux jours après, nous sommes revenus déterrer les corps, enfouis à la hâte, à une profondeur de 80 cm. » Les corps des jeunes résistants sont ensuite rapatriés sur Graulhet et ils sont inhumés avec les honneurs au caveau du maquis, au cimetière Saint-Roch.
A Saint-Roch une leçon pour l’avenir : quelle résistance aujourd’hui ?
Voici ce qu’il en est dit dans le livre de Georges Vergnes ‘Graulhet 1000 ans d’histoire’ : « Le 18 août 1944 au matin les maquisards graulhétois attaquaient la caserne Lapérouse à Albi. Malheureusement deux autres groupes qui devaient les soutenir face à près de 130 allemands bien armés, ne purent intervenir. Le groupe Lulu fut donc dans l’obligation de se replier, laissant sept des siens sur le terrain, tués en même temps que le chef d’escadron Cartier et l’agent de liaison Duchniak ». Voici les noms de ceux qui laissèrent la vie dans cette opération de résistance: Raymond Auque 24 ans, Robert Berbi 18 ans, Lucien Bronne 23 ans, André Bruant 24 ans, Georges Escande 20 ans, Laurent Fabre 20 ans, Pascal Pinol 25 ans.
Ce lundi 19 août après la commémoration du matin à Albi, route de Graulhet, les élus de majorité et d’opposition, les représentants des corps constitués, les associations d’anciens combattants se sont retrouvés au cimetière Saint Roch pour une cérémonie émouvante, sous la bannière commune du souvenir en hommage à ces 7 combattants de la liberté, tombés aux portes d’Albi le 18 août 1944 et qui ont écrit cette page d’histoire « en lettres de feu ». Danièle Désert, représentant la municipalité, s’interrogeait dans son discours:  « Résistant, comment le devient-on ? ». La question est toujours d’actualité et la leçon vaut pour l’avenir : au traditionnel engagement contre l’individualisme et le consumérisme à tout crin évoqué par l’élue graulhétoise, ne faut-il pas ajouter celui en faveur de la défense de la vie humaine de la conception à la mort naturelle ? Ensuite, la famille n’est-elle pas menacée dans son assise par l’évolution législative récente ? Si on poursuit la logique de la filiation (PMA et GPA) jusqu’au bout, ne va-t-on pas priver un enfant de pouvoir croître et grandir entre ses deux parents, père et mère ? L’on s’aperçoit qu’une conception dévoyée de l’égalité inscrite dans la triade républicaine va heurter de plein fouet la protection des plus faibles sacrifiés sur l’autel des désirs des adultes. N’y-a-t-il pas encore aujourd’hui matière à résistance ?
Pierre-Jean Arnaud

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