Rapprochement orthodoxes catholiques

Toulouse mardi 5 nov 2013 031

Orthodoxie russe : le pape reçoit le métropolite Hilarion
Des événements culturels significatifs à Rome et à Moscou

Source: ZENIT

Anita Bourdin
ROME, 12 novembre 2013 (Zenit.org) – Le métropolite russe Hilarion a été reçu ce mardi matin, 12 novembre, au Vatican par le pape François, alors qu’ont lieu d’autres événements significatifs pour le rapprochement entre catholiques et orthodoxes russes.
Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département pour les relations ecclésiastiques extérieures du patriarcat de Moscou, aura en effet également présidé ce mardi soir, à 21 h, un « Concert pour la paix », donné en l’honneur du pape François à l’auditorium de la Conciliazione, sous le patronage du Conseil pontifical pour la culture, avec la jeune soprano russe Svetlana Kasyan.
Le métropolite est lui-même un grand musicien et compositeur; il est notamment l’auteur d’une Passion selon Saint-Matthieu donnée il y a quelques années à ce même auditorium, sous la direction de Vladimir Fedoseyev, le 29 mars 2007, deux jours après sa création à Moscou. Le concert est offert par deux fondations engagées au service de l’unité entre orthodoxes et catholiques, l’une des Etats-Unis, la Fondation Urbi et Orbi, l’autre russe, la Fondation Saint Grégoire le Théologien. Les fonds recueillis viendront en aide aux familles de réfugiés victimes de la guerre.
A Rome, un autre événement rapproche catholiques et orthodoxes russes: la présentation du livre de Sergueï Averintsev (1937-2004), « Verbe de Dieu et paroles de l’homme », publié dans une édition bilingue italien-russe et préfacé, justement, par le métropolite Hilarion.
Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la culture, qui bien connu l’auteur, a participé à cette présentation. Il était à Moscou il y a quelques jours et il y a rencontré le patriarche Kirill Ier, à l’occasion d’un symposium sur le thème : « La responsabilité sociale corporative dans la sphère de l’enseignement ».
Au micro de Radio Vatican (Xavier Sartre), le cardinal français indique ce qui est à ses yeux le plus important : « Entre les fidèles orthodoxes et les fidèles catholiques, nous n’avons pas de contentieux fondamental au plan théologique. Nous partageons la même foi qui s’enracine dans la même Parole de Dieu, qui est donc irriguée par la Sainte Liturgie. Nous allons dans notre vie quotidienne, dans le « gouvernement » pour prendre ce terme, cheminer de façon différente et voir comment il y a comme de part et d’autre un rapprochement dans nos manières différentes de cheminer. Du côté du monde orthodoxe, il y a maintenant la reconnaissance de l’évêque de Rome comme le « primus inter pares », le premier parmi les pairs (…). L’évêque de Rome hérite du ministère de Pierre. Donc, le point sur lequel nous avons à nous rapprocher, c’est la manière de vivre ce ministère. Pour les Églises orthodoxes, il y a la grande importance de ce que nous appelons « la collégialité », le saint-synode. »
La rencontre du pape et du métropolite survient aussi alors que le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, est à son tour à Moscou, dans le cadre des commémorations du dix-septième centenaire de l’Edit de Milan de l’empereur romain Constantin. Il y a aussi rencontré le patriarche Kirill Ier, ce mardi 12 novembre.

Sergueï Averintsev: des oeuvres comme un pont entre l’Eglise persécutée et ceux qui étaient en dehors d’elle: 

Source: http://orthodoxeurope.org/page/14/36.aspx#1
Sergueï S. Averintsev a été un philologue, un spécialiste de l’histoire et de la théorie de la littérature, un traducteur et un poète, bien connu dans les milieux chrétiens. Il nous a quittés le 21 février 2004, à l’âge de 66 ans. Sergueï Averintsev est né le 10 décembre 1937 à Moscou. En 1961 il a obtenu le diplôme de la faculté de philologie de l’Université d’État de Moscou. Il a enseigné dans des prestigieux établissements en Russie et à l’étranger. Ses recherches étaient consacrées à la tradition chrétienne dans la pensée et la littérature européennes, à la littérature néo-testamentaire dans le contexte de la culture de l’Antiquité tardive, à la patristique, à l’hymnographie et à l’hagiographie chrétiennes médiévales, à la littérature et à la philosophie byzantines, à la scholastique, à la littérature romantique (C. Brentano) et néo-romantique allemande (H. Trakl, H. Hesse), à la poésie russe (V. Ivanov, O. Mandelstam) et à la poétique historique.
Les premiers livres et articles de S. Averintsev ont paru dans les années 1960. Averintsev est l’auteur de nombreuses études sur l’histoire de la littérature antique, byzantine, européenne et russe, de la pensée théologique et philosophique. Il a fait des traductions du grec ancien, du latin, de l’hébreu, du syriaque, de l’allemand, du français et du polonais. Son œuvre «La poétique de la littérature de la haute période byzantine», parue en 1977, est la première monographie de l’époque soviétique portant sur les Pères de l’Église orientale. Parmi les traductions de S. Averintsev figurent des psaumes, le livre de Job, les évangiles de Marc et de Luc.
Dans son sermon lors de ces obsèques célébrées à Vienne, l’évêque Hilarion a fait part de ses impressions personnelles des contacts avec Sergueï Averintsev: «Beaucoup d’entre nous se souviennent de cette époque où l’Église était séparée de la société, où être chrétien signifiait lancer un défi à cette dernière, risquer sa situation, sa carrière et même sa propre vie. Peu osaient alors parler de l’Église et de la foi dans le langage de l’intelligentsia. Sergueï Averintsev a été un de ses rares hérauts. Ses livres étaient en quelque sorte un pont entre l’Église persécutée et ceux qui étaient en dehors d’elle, mais assoiffés de la parole vivante de Dieu. C’est grâce à ses livres que beaucoup ont découvert Romanos le Mélode, Ephrem le Syrien, Isaac le Syrien, Jean Damascène et autres Pères de l’Églises. Pendant ces années difficiles, lorsque personne ne pouvait parler de Dieu ouvertement, il en parlait, il est vrai de manière dissimulée, mais suffisamment clairement pour que des milliers d’hommes retrouvent le Christ à travers ses écrits.
Sergueï Averintsev a été un homme d’une érudition extraordinaire et d’une connaissance encyclopédique, aussi familier de la philosophie et de la littérature antique, de l’idéalisme allemand, de la littérature européenne, de la pensée philosophique et religieuse russe, que de l’héritage des Pères grecs, latins et syriaques. «Pourtant, ce n’était pas là l’essence de son exploit humain et chrétien, poursuivit l’évêque Hilarion, mais en ce que, tel un Grégoire de Nazianze, après avoir amassé les richesses intellectuelles de l’Orient et d’Occident, il les a déposées aux pieds du Christ».
«Ce n’est pas par hasard que le dernier livre de Sergueï Averintsev, rassemblant les traductions des textes patristiques, s’appelle ‘Perle précieuse’. Dans la préface, le métropolite Vladimir de Kiev a comparé son auteur à ce riche des évangiles qui ‘a préféré à tous les trésors de la terre la perle précieuse de la Vérité vivante et incarnée’. Et on se souvient de nouveau de Grégoire de Nazianze qui avait dit: ‘Bienheureux celui qui au lieu de tous les biens a acquis le Christ’. Tel a été justement Sergueï Averintsev». «Son immense savoir est moins surprenant que sa générosité et son désir de partager ses connaissances avec les autres. Sergueï Averintsev a été un homme ecclésial, un homme d’une piété sincère et profonde. Il possédait en plus de cela une véritable humilité chrétienne. Aujourd’hui nous prions pour lui qui était un vrai fils de l’Église, qui a servi beaucoup de ses frères par sa parole, son enseignement et son œuvre scientifique».

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