S archeo Gers CR 3 mai2017

  

AUCH:  CR SÉANCE du mercredi 3 mai 2017
La Société Archéologique, Historique, Littéraire et Scientifique du Gers a tenu sa séance le mercredi 3 mai 2017 à 14 h 30, à son siège, 13, place Saluste du Bartas, à Auch, sous la présidence de Georges Courtès, président de la Société.
 ORDRE DU JOUR
En ouverture de la séance, le Président a donné diverses informations.
Notre association présente ses très sincères condoléances à nos confrères Laurent Mauras et Alain Lagors qui viennent de perdre leur mère et Jacques Fitan pour le décès de son père.
La semaine dernière, le président et le secrétaire ont représenté la Société à l’université de Pau, au Congrès national des Sociétés Savantes (CTHS) où ils ont retrouvé des confrères et amis gersois, les professeurs Duplan-Lamazou, Brumont, Brunet, Cursente qui participaient à l’organisation.
Pour la préparation du prochain colloque sur l’année 1917 en novembre prochain, la Mission nationale du Centenaire vient de nous accorder une subvention et nous remercions Madame Baggio, directrice de l’ONAC pour son aide.
La conférence de Madame Gazeau-Caille prévue ce mercredi à la mairie de Vic-Fezensac est renvoyée au 25 mai prochain.
Notre confrère Maurice Serres nous fait part d’une exposition réalisée sur le thème « D’une guerre à l’autre, les soldats de Marciac ».
Le président signale l’achèvement des travaux de restauration de l’escalier monumental d’Auch qui est une réussite remarquable. Par ailleurs, deux grands hôtels particuliers anciens des 11 et 40 rue Dessoles ( hôtel d’Astorg ?) sont en travaux et il faut souhaiter que les autorités compétentes étudient ces beaux ensembles pour nous en raconter prochainement l’évolution historique et architecturale. Dans le premier cas, une cour intérieure présente des fenêtres à meneaux qui éclairent l’étage d’une grande maison d’époque Renaissance. Elle mérite une recherche particulière.
Auch – 11-13 rue Dessoles – cour intérieure – fenêtres à meneaux Renaissance
Puis le président Courtès a donné la parole aux orateurs du jour.
 Communications
Alain LAGORS, Les escaliers de bois sculpté de style Louis XVI dans les cantons de Plaisance et de Marciac.
L’auteur s’est attaché à étudier les escaliers des maisons bourgeoises de sa région, la Rivière Basse. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, négligeant les modèles en fer forgé sans doute trop onéreux, les propriétaires commandent des escaliers de bois du modèle à rampe « en épingle à cheveux » souvent attribué au style Louis XVI. L’originalité de la région est que le pilier de départ de la rampe, contrastant avec la simplicité des barreaudages droits des rampes, présente diverses sculptures.
A Plaisance, la maison Ducastaing représentative de la bourgeoisie rurale, a un départ d’escalier daté de 1767, sculpté de motifs naïfs et simples, des roses ou des étoiles. Vers 1780, de la commande de Dominique Péré, avocat en Parlement, il reste un pommeau d’escalier figurant une tête de serpent surmontée d’une rose, sans doute porte-bonheur. Chez le médecin Broqua, le pilier est formé d’une grande volute en courbe et contre-courbe de style baroque. Ailleurs, des feuilles de chêne, des visages féminins, des têtes de chiens ornent ces départs d’escaliers dont les créations s’étalent jusqu’au premier tiers du XIXe siècle. L’escalier, par son ampleur et son décor sculpté, marque la réussite sociale du propriétaire, visible aussi sur les belles portes menuisées de l’entrée et les cheminées. Pour l’instant, les menuisiers qui ont réalisé ces sculptures ne sont pas connus. Sans doute locaux, ils suivaient une mode venue du Béarn et de la Bigorre où cet artisanat a produit de très belles réalisations. Ce patrimoine, jamais étudié en Rivière Basse, méritait cet inventaire original et précis.
Détails d’éléments sculptés d’un escalier de Beaumarchès, chien de chasse dans sa niche et tête de femme avec sa coiffe.

Annette SAINT-AMANS, Étoffes anciennes et vêtements en Gascogne centrale au XVIIe siècle.
Après une importante recherche dans les actes notariés anciens et les collections particulières, l’auteur étudie les vêtements et les étoffes en Gascogne centrale au XVIIe siècle. Les prix restent élevés et les différences sociales très nettes entre les paysans et la bourgeoisie ou la noblesse locale. Les productions locales sont importantes pour des tissus simples mais les importations de produits de luxe se développent. Les étoffes sont le droguet de fil et de laine, le damas cramoisi, la futaine (coton et laine), le cordeilhat (chanvre et laine), le cadis, la raze etc. Les femmes du peuple s’habillent en cadis, droguet, serge ou rase/raze. Recouvrant les corsets, les robes ont des devantures de couleurs avec des coiffes, « des pernes », en toile importée ou toile de maison. Le XVIIe siècle est une période de crises économiques et politiques avec des épidémies terribles. Les inventaires des châteaux
tels celui de Castelmore sont souvent médiocres ou décevants. Cependant, quelques rares portraits locaux permettent d’avoir une idée des vêtements des élites.
Deux portraits du XVIIe s. (collections privées -documents J.Lapart)(notices Annette Saint-Amans)
Guillaume de Lalo a revêtu une robe de Palais en étamine buratée, aux reflets bruns, typique des robes de magistrats de l’époque, une chemise de baptiste aux manches froncées et bordées d’une fine dentelle, un collet de toile baptiste resserré par un passement orné de deux pompons en soie gris perle.
Suzanne de Bassabat duchesse de Roquelaure porte après 1625, des vêtements de deuil d’étamine de laine noire, avec la coiffe et le voile noir attenant, d’étamine plus claire et plus fine, une chemise de baptiste fine ou soie blanche, avec un collet assorti orné de plis latéraux.
Pourtant, les documents sur les boutiques des marchands de Condom montrent qu’ils proposaient à la vente un large éventail de tissus de différentes qualités, parfois de luxe. Les passements, les rubans, les dentelles constituent des dépenses très importantes. Vers la fin du siècle, le pays succombe à la mode de produits importés, les indiennes qui séduisent les élites par leur qualité et l’éclat des couleurs.
Toile de lin d’époque Louis XIV sans doute fabriquée en Inde pour le marché occidental
En fin de réunion, notre confrère Alain Abeille a lu une note de lecture « Hommages aux poètes » : tout d’abord Jacques Canut qui nous a envoyé de nombreux recueils « Carnets confidentiels », « Escapades », « Bastides » etc. avec des textes en Français et en Espagnol, puis Patrick de Lary pour des poèmes en alexandrin accompagnés de commentaires très intéressants sur le Liberté, la Vie, la Beauté etc.
Bonne lecture
– A bientôt
Jacques Lapart,  secrétaire de la Société
P.S : n’oubliez pas de vous inscrire pour le repas de la journée-promenade-banquet à Vopillon et Condom en envoyant votre chèque qui doit arriver avant le lundi 15 mai dernier délai.

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