Volonté de dialogue Chine Rome

illustr vol dialogue  chine Rome  12 juin 2014

Volonté de dialogue entre Pékin et le Saint-Siège
Mais encore des obstacles à surmonter

source zenit.org

Anita Bourdin
ROME, 13 juin 2014 (Zenit.org) – La République de Chine populaire et le Saint-Siège seraient sur le point de reprendre le dialogue interrompu en 2010, indique un quotidien anglophone de Hongkong, le « South China Morning Post », cité par « Eglises d’Asie » (EDA), l’agence des Missions étrangères de Paris.
Selon EDA, l’évêque « officiel » de Linyi (Shandong), Mgr Fang Xingyao « la Chine espère nouer des relations diplomatiques avec le Vatican et nombreux sont ceux au Vatican qui partagent ce point de vue. Le moment est venu de le faire, nous ne devrions pas le laisser passer ».
Une base stable de dialogue
Pour l’évêque des relations diplomatiques entre Pékin et le Saint-Siège offriraient une « base stable de dialogue », notamment en vue de la nomination des évêques. Le quotidien cite une source proche de Rome estimant que « l’atmosphère est désormais plutôt positive au sein des deux parties pour redémarrer sans délai un dialogue ». Pékin devrait « confirmer la date et le lieu » des négociations bilatérales. Le pape François a indiqué, dans un entretien à La Nacion, de mars dernier, qu’il avait écrit au président Xi Jinping, à l’occasion de l’inauguration de son mandat, et que celui-ci lui avait répondu (cf. Zenit du 5 mars 2014). Mais Eglises d’Asie fait également état des difficultés à surmonter : une campagne de destruction de lieux de culte chrétiens dans la région de Wenzhou, au Zhejiang, dans le Sud-Est du pays, suscitant une forte résistance des baptisés ; le choix, le 8 mai, d’un futur évêque de Chengdu, au Sichuan, en attente d’une réponse du pape ; le sort des évêques empêchés par Pékin d’exercer leur ministère : Mgr Ma, à Shanghai, et les évêques « clandestins », dont Mgr Su Zhimin, évêque de Baoding, arrêté le 8 octobre 1997, dont on est sans nouvelles.
Referendum à Hongkong
Des difficultés auxquelles s’ajoute la situation particulière de Hongkong à la veille d’un référendum – les 20-22 juin – en vue de davantage de démocratie. L’ancienne colonie britannique, sous drapeau chinois depuis 1997, jouit d’un statut particulier, selon la formule : « Un pays, deux systèmes ». L’enjeu, c’est l’instauration pleine et entière du suffrage universel en 2017. Actuellement, seule la moitié des députés du Parlement local, le Legco, est élue au suffrage universel et la procédure de nomination du chef de l’exécutif par 1 200 grands électeurs permet à Pékin d’imposer son candidat.
L’évêque de Hongkong, le cardinal John Tong Hon, a affirmé, le 26 mai, qu’un système démocratique de gouvernement était nécessaire au bien-être des Hongkongais et que le référendum pourrait constituer « une expression concrète de l’opinion publique ». La Commission « Justice et Paix » du diocèse a distribué dans les paroisses une brochure de 28 pages expliquant les enjeux du référendum. Or, les autorités ont publié le 10 juin, un Livre blanc d’une soixantaine de pages intitulé « Application de la politique ‘Un pays, deux systèmes’ dans la Région administrative spéciale de Hongkong », affirmant le contrôle de Pékin sur Hongkong. L’évêque émérite, le cardinal Zen Ze-Kiun, a réagi vigoureusement le 12 juin, au micro d’une radio locale en exhortant les citoyens « à ne pas succomber à la fatalité mais au contraire à défendre leur dignité » : « Si vous vous inclinez, si vous mettez un genou à terre, alors tout sera fini ». Pour encourager les habitants à aller voter les 20-22 juin, le cardinal Zen, 82 ans, commencera, samedi, 14 juin, une marche de 12 heures par jour, malgré la chaleur humide de l’été, pendant sept jours, à travers les 18 districts du territoire.
Toujours selon EDA, dans une « approche non-violente », il invite les catholiques à se joindre à lui, dans la limite de 30 personnes simultanément, pour respecter le seuil au-delà duquel il faut déclarer une manifestation sur la voie publique.

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