Albi: atlas pour aménageurs et historiens

Atlas archeologique d Albi   2014

Albi : l’atlas archéologique, un outil pour les aménageurs autant que pour les historiens

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Photos PJA : les 4 intervenants salle des Etats albigeois,

Julien Pech, l’auteur de cet atlas

Anne-Marie Chiffre née Lautier, avec les intervenants  

Une belle initiative que la parution de cet atlas archéologique qui comblera d’aise les passionnés d’archéologie tout autant que les habitants d’Albi, désireux de connaître les secrets intimes du sol sur lequel ils séjournent depuis plusieurs générations ou qui plus récemment installés, ont eu un coup de cœur pour cette belle cité, riche de son patrimoine architectural et immatériel.
C’est à une véritable remontée dans le temps que nous invite Julien Pech, l’auteur de cet ouvrage, préfacé par Philippe Bonnecarrère, maire d’Albi et Laurent Roturier, DRAC de Midi-Pyrénées. Pour sa présentation à la presse, outre les deux premiers nommés, s’étaient joints Daniel Schaad, ingénieur DRAC archéologie pour le Tarn et Alain Rodrigue, président du comité archéologique du Tarn, en ce jeudi 20 février, en la salle des Etats albigeois.
Philippe Bonnecarrère : « Bonheur pour l’habitant, marqueur d’identité et outil d’aménageur »
Pour Philippe Bonnecarrère, « marcher place du Vigan, autour de Sainte Cécile, place Lapérouse, est un acte chargé d’histoire ; c’est un des bonheurs de marcher dans Albi avec cette connaissance de l’archéologie. Cet atlas permet de porter un regard différent sur la ville ; par exemple quand on examine la planche du cimetière devant la cathédrale ou lorsque de la rue Mariès à la préfecture, on surplombe les fondations de l’ancienne église Saint Martial ». Pour le maire d’Albi, cet ouvrage d’historien est aussi un document qui prend place dans les données du Système d’information géographique de la ville ; c’est donc un outil de travail très utile pour l’agglomération pour les limites des propriétés, l’implantation des réseaux EDF, eau, télécom, les voies, les arbres et les branchements des immeubles. Atlas professionnel et fonctionnel, il peut être repris utilement dans les outils cadastraux d’aujourd’hui.
En plus de ce caractère fonctionnel, cet atlas est aussi un marqueur de l’identité albigeoise depuis l’âge de bronze jusqu’à la période contemporaine. Il correspond à un objectif précis de la charte UNESCO qui préconise des actions d’enrichissement du patrimoine. Le 1er zonage a eu lieu en 2011-2012 et a alimenté la base de données Patriarche ; dans un second temps, il s’est agi de réaliser un inventaire des études et de les positionner. Philippe Bonnecarrère tient à ajouter : « Parmi les auteurs de ces études, il faut signaler tout l’apport de Jean Lautier, archéologue de la ville d’Albi ; que sa fille soit remerciée pour cette contribution de toute première utilité. En conclusion, le chantier n’est pas clos ; il reste toujours des choses à découvrir. Par exemple, les superbes pavements médiévaux mis à jour dans le Palais de la Berbie, ainsi que les peintures récemment découvertes à l’occasion des travaux de rénovation du musée Toulouse Lautrec, dans l’aile d’Amboise, sur les voûtes en forme de carène renversée ».
Daniel Schaad : « L’invisible est fragile : préservons-le ! »
Daniel Schaad, ingénieur SRA/DRAC, félicite Philippe Bonnecarrère pour son introduction : « Vous auriez fait un excellent archéologue ; vous avez bien présenté le sujet, les actions. Le patrimoine archéologique nous entoure ; c’est un patrimoine invisible que le sol nous cache. Ce patrimoine invisible est fragile car il est soumis aux aléas des différents projets de construction, déconstruction, voirie et réaménagements. Les données recueillies l’ont été sur la base des moyens de l’époque avant le développement des techniques de l’archéologie préventive. Albi au centre n’a pas trop bougé, depuis le travail d’inventaire de Jean Lautier avec ses articles et ses documents consignés dans les archives. Albi avec son siège épiscopal dès le 3ème, 4 ème siècle a développé cette architecture de brique célèbre depuis le Moyen-Age. En résumé, cet atlas est un document accessible aux archéologues, aux services municipaux et enfin à tous les citoyens. »
Alain Rodrigue : « Le Tarn, un département privilégié avec un réseau efficace d’associations »
Pour Alain Rodrigue, président du comité archéologique du Tarn, « la publication de cet atlas est une opération bien menée et réussie. Je veux insister sur ce point particulier : le Tarn est un département privilégié ; le réseau d’associations y fonctionne très bien. »
Julien Pech : « Un travail d’équipe sur le patrimoine albigeois que je souhaite faire partager »
Julien Pech, qui travaille au sein du service régional d’archéologie, fait part quant à lui du plaisir et du bonheur qu’il a eu en tant qu’auteur et chercheur à rédiger cet ouvrage ; il remercie la mairie pour sa collaboration : « Beaucoup de portes se sont ouvertes à l’occasion de mes recherches et investigations dans les différents monuments, les égouts, le Musée Toulouse Lautrec ; c’est un plaisir égoïste que j’aimerais faire partager. Le patrimoine d’Albi est exceptionnel tant en élévation qu’en sous-sol ; cet atlas a nécessité 8 mois de travail depuis l’enregistrement dans la base de données Patriarche. C’est un travail porté par toute une équipe ».
Un atlas pratique contribuant à l’attractivité de la ville
La première diffusion de cet atlas est prévue à 300 exemplaires ; on le trouve dans toutes les grandes librairies d’Albi. Il est d’ailleurs déjà très bien reçu. C’est un 1er ouvrage de ce type qui sera publié en Midi-Pyrénées ; il devra être diffusé dans d’autres grandes bibliothèques de Toulouse. Pour le vulgariser, deux conférences sont prévues : l’une le 1er mars au Musée Toulouse Lautrec, à destination du grand public ; la 2ème le 25 mars à destination des professionnels aux Archives départementales.
Contribuant aussi à asseoir l’attractivité de la ville, cet atlas albigeois présente une brève histoire de son passé archéologique, un inventaire documenté des principaux sites et en fin d’ouvrage, une série de planches précisant les contours des zones de recherches et des périmètres inventoriés. A découvrir absolument !
Pierre-Jean Arnaud (16 mars 2014)

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