Tarn: interview nouveau préfet

Albi nveau prefet Tarn 1 er sept 2014 006

Tarn : Thierry Gentilhomme, des forêts vosgiennes aux forêts tarnaises
Un CV en quelques lignes
Une rencontre entre le nouveau préfet du Tarn, Thierry Gentilhomme et la presse avait été organisée ce lundi 1er septembre à la préfecture. Avant de passer dans les jardins pour la photo traditionnelle, Thierry Gentilhomme a accepté de répondre aux questions des journalistes des médias tarnais présents sous les lambris dorés des salons de la République.
« Bonjour et bienvenue à vous ; pour ce qui est de mon CV, administrateur civil hors classe, je viens du Ministère de l’Intérieur où j’ai occupé le poste de directeur de la performance et des affaires financières et immobilières. J’ai travaillé aussi à la Poste comme délégué aux affaires territoriales des régions PACA et Languedoc Roussillon ; à cette occasion, j’ai été en contact avec les élus, les associations, les entreprises. Sous-préfet de Figeac à ma sortie de l’ENA en juin 2000, j’ai travaillé auparavant en tant que contractuel à la mairie d’Epinal après ma formation d’économiste et mon DES d’Administration des Entreprises. Né à Epinal, j’ai 4 enfants ; mon épouse et ma dernière fille m’ont accompagné dans le Tarn. »
Question : Pourquoi ces 3 ans au Ministère de l’Intérieur avec ce poste de responsable financier ?
Vous savez. Dans l’administration, les nominations successives à des postes de responsabilité, c’est un mouvement perpétuel. Généralement, les fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur sont choisis dans le corps préfectoral.
Question : Vous venez à peine d’être nommé et voici que se produisent les évènements de Sivens, avec affrontements violents entre forces de l’ordre et opposants au projet de retenue d’eau ?
Il n’y a pas d’ambiguïté possible. Les actions ont commencé le 25 août. Toutes les procédures ont été respectées. Il y a eu DUP, déclaration d’utilité publique, DICT, déclaration d’intention de commencement de travaux. Tout le monde s’est exprimé. Le référé en suspension intenté par les opposants au projet a été rejeté par le Tribunal administratif ; cela a été confirmé par le Conseil d’Etat.
Question : On assiste rarement à de telles violences dans le Tarn ; cela n’est-il pas préoccupant ?
Cela ne peut que renforcer notre détermination. Nous sommes dans un Etat de droit et nous devons respecter les procédures.
Question : Que pensez-vous de la réforme territoriale engagée et qui vise à terme à supprimer le département ?
Je suis astreint au devoir de réserve. Ce que je peux vous dire, c’est que l’on a besoin de se réformer et de changer les choses.
Question : Il est question de préserver les départements ruraux…
L’essentiel est de trouver le bon interlocuteur territorial ; il s’agit de trouver un acteur majeur pour organiser le territoire.
Question : Vous avez été sous-préfet de Figeac. Vous qui êtes originaire des Vosges, que pensez-vous de votre venue dans le Tarn ?
C’est pour moi l’occasion d’effectuer une grande diagonale. Le Tarn est un endroit qui me fait rêver. J’y suis venu quand j’étais plus jeune. Il me donne cette impression d’être un peu la Toscane, marquée par sa douceur de vivre, son relief et ses courbes comme dans le Ségala.
Question : Y-a-t-il des similitudes avec les Vosges ?
La présence de forêts, mais les forêts des Vosges comportent des sapins qui font 30 à 40 m de haut. Ici, on cherche un peu les arbres.
Question : Vous arrivez. Quelle est votre feuille de route ?
Parmi les affaires à traiter, il y en a de deux sortes ; il y a celles que l’on choisit et il y a celles qui s’imposent à vous. J’aime bien le contact et aller à la rencontre des gens. C’est ma feuille de route principale. Ensuite, il y a bien sûr la situation de l’emploi qui est un vrai sujet. Il faut déployer toute notre énergie sur ce sujet. Pour ce qui est du rugby, je n’y connais pas grand-chose ; mais ce qui est important, c’est le pack ; l’union fait la force. De même en économie, il est important de soutenir tous ceux qui produisent, les producteurs et notamment l’agriculture.
Le deuxième point après l’emploi est le problème du vivre-ensemble. Comment peut-on vivre si on n’a pas la sécurité ? Il y a dans ce domaine des inégalités ; tous n’ont pas les moyens de se protéger.
Le 3ème point est de favoriser l’équilibre et les compétitivités dans le territoire. A l’Etat de savoir rencontrer et accompagner les acteurs économiques, professionnels. J’aime bien toucher du doigt le concret des choses. Les projets des élus, ça m’intéresse.
Question : Votre prédécesseur a beaucoup été à la rencontre des entreprises et des gens du terrain ?
Nous avons avec Mme Chevalier, un parcours quelque peu identique car nous sommes passés par les collectivités locales. Pour ma part, j’ai eu aussi la chance de travailler pendant 12 ans avec Philippe Seguin.
Question : Mis à part les sujets que vous avez cités, quels sont vos principaux domaines d’intervention ? Que pensez-vous des projets des Portes du Tarn et quelle est votre position sur le désenclavement du Tarn sud ?
Il faut citer l’autoroute, l’économie, la relance de la construction, parmi les sujets en pointe. Pour ce qui est des Portes du Tarn, j’ai compris qu’il y avait un sujet qu’il faudra continuer à évoquer en mesurant les impacts économiques pour l’ensemble des entreprises, des institutions et des populations concernées. Pour ce qui est de l’autoroute et du désenclavement Tarn sud, il s’agit de pouvoir accéder au travail ; ça marche bien sûr dans les deux sens. Refuser la mobilité, c’est mourir. Il y a aussi un désenclavement physique qui prolonge le désenclavement numérique ; il y a une activité physique derrière la 4 G.
Question : Sur le tronçon RN 88, quelle évolution pour la continuité avec l’A75?
Le tronçon Séverac-Rodez, c’est un peu plus compliqué. …On a vécu à crédit pendant longtemps. Il faut rationaliser les dépenses.
Notes prises par Pierre-jean Arnaud-2 septembre 2014

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