Tribune de Bernard Carayon

Tribune de Bernard Carayon sur le contexte politique actuel- 3 mars 2017

Cher(e)s ami(e)s,
Vous trouverez ci-après mes réflexions sur les « affaires » qui agitent la sphère médiatico-judiciaire, depuis maintenant plus d’un mois, autour de la candidature de François FILLON.
Vous pourrez également prendre connaissance du contenu de l’interview que je viens de donner à 100% radio et qui devrait être diffusée à compter de demain.  Restons soudés, c’est la condition indispensable de notre succès. Amitié.

Le peuple, le juge et le journaliste.

Trois figures sont mal-aimées en France : celle de l’homme politique (sauf le maire !), celle du journaliste et celle du juge.
On exige des uns comme des autres la pureté des anges de la chapelle Sixtine. La réalité est un peu différente. Mais dans un pays démocratique, les uns comme les autres doivent être respectés et responsables.
Chacun a sa légitimité : celle du politique est issue du suffrage universel. Celle du journaliste, du devoir d’informer, dans le respect, notamment, de la vérité, de la vie privée et dans l’indépendance[1]. Et celle du juge, de juger « au nom du peuple français », en respectant la loi.
La paix sociale se nourrit d’un savant équilibre entre les uns et les autres. Il est aujourd’hui visiblement rompu. On a « oublié » que les médias étaient aussi des entreprises gouvernées par des actionnaires riches, et donc influents. Que les juges, selon la jurisprudence du « mur des cons » – celle du syndicat de la magistrature, n’étaient pas tous animés de la vertu qui a donné son nom à leur administration, et que des politiques avaient aussi des intérêts personnels.
Au bal des faux-culs, personne ne fait tapisserie : les politiques se rebellent contre les exigences de transparence qu’ils n’ont cessé de consolider par la loi ; les journalistes et les magistrats invoquent, la main sur le cœur, leur absolue indépendance même quand ils courent après les faveurs du Pouvoir. Au nom de cette « indépendance », il serait d’ailleurs convenable de leur interdire l’accès aux décorations des ordres nationaux et d’exiger la transparence sur les revenus des journalistes.
Revenons à l’affaire Fillon. Elle atteste d’un véritable coup d’Etat organisé par l’Elysée. Et je pèse mes mots. J’ai beaucoup de respect pour l’« autorité judiciaire » : le général de Gaulle avait imposé dans la Constitution cette expression, considérant que la Justice n’était pas un Pouvoir à l’égal de l’Exécutif et du Législatif. Mais l’institution doit être défendue car elle est la garantie de l’ordre public et des libertés. J’ai connu beaucoup de magistrats courageux et intègres.
Mais dans cette affaire, le Parquet national financier est sorti évidemment de ses compétences.
Il n’est précisément compétent qu’en matière de « sujets financiers complexes » : ce n’est pas le cas. Il n’est aussi compétent qu’en matière de « détournement de fonds publics » : ce n’est pas plus le cas. Le parlementaire n’est pas une « personne dépositaire de l’autorité publique » ou « chargée d’une mission de service public » ni même un « comptable public ». Les contrats des collaborateurs qu’il signe en toute liberté relèvent du droit privé. Les missions qu’il confie à ses collaborateurs ressortent de sa seule décision. Et seul le bureau de l’Assemblée est compétent, en cas de conflit.
Un juge, a fortiori un policier, ne peut non plus entrer à l’Assemblée nationale et au Sénat que sur autorisation de leur président. Un juge ne peut s’immiscer dans l’agenda ou les activités d’un parlementaire, sans enfreindre le principe constitutionnel et universel de la séparation des pouvoirs : un principe construit au XVIIIème siècle contre la tyrannie d’un pouvoir absolu. Les mêmes règles prévalent aussi au Parlement européen.
Passons sur les violations habituelles du secret des procédures judiciaires, moins taboues pour les journalistes que la protection de leurs sources ! Elles sont si nombreuses qu’elles ne sont pratiquement plus poursuivies et sanctionnées.
Il n’a fallu que quelques heures après la parution du Canard Enchaîné pour qu’une enquête préliminaire soit ouverte, les procès verbaux d’audition étant immédiatement transmis à la presse ; sans que le garde des Sceaux s’en étonne. L’enquête des policiers a été exclusivement à charge. La presse n’a relayé aucun des arguments ou des faits présentés par François Fillon.
La présomption d’innocence a été bafouée systématiquement. Une convocation au 15 mars aux fins de mise en examen a été adressée à François Fillon sans que de nouvelles investigations aient été réalisées. Une date choisie, avec minutie, deux jours avant la clôture des candidatures.
Il n’y a donc plus qu’un recours : c’est le suffrage universel.
Etant de ceux qui, en France, ont beaucoup travaillé sur la mondialisation, je connais les réseaux financiers internationaux qui sont à l’œuvre, derrière Macron, et qui se mobilisent contre Fillon.
L’enjeu est bien entre notre souveraineté ou notre soumission aux intérêts que représente M. Macron ; entre le pouvoir du peuple et celui qu’exercent certains journalistes et magistrats, dans l’impunité totale et le mépris de la démocratie. Quand on est gaulliste, on n’a d’autre choix que celui de l’honneur et de la résistance. Nous y sommes.

Bernard Carayon, Maire de Lavaur, Avocat à la Cour

[1]Selon la Charte d’éthique de Munich des journalistes.

Mon ITW aujourd’hui sur la radio 100 %- Quelques arguments sur François Fillon

1. Je pose simplement deux questions :

– Choisit-on un président pour sa pureté ?
A ce compte, Mitterrand et Chirac, notamment, n’auraient jamais été élus. Qui est assez pur pour condamner celui qui n’a pas été jugé ? Je renvoie chacun à sa conscience ! Et je m’interroge sur M. Macron : que l’on m’explique comment celui qui a gagné en deux ans 3 millions d’euros nous présente, trois ans après, un patrimoine d’artisan, comme s’il avait consommé un SMIC chaque jour depuis son départ de la banque Rothschild ?

– La droite et le centre doivent-ils être privés par la Justice et certains médias de leur candidat alors que le rejet du hollandisme s’est emparé des Français depuis la fin de 2012 ?

2. François Fillon avait affirmé qu’en cas de mise en examen il renoncerait : c’était une erreur d’orgueil, puisque la mise en examen ne remet pas en cause la présomption d’innocence. 
François Fillon n’a rien commis d’illégal. Il a commis une « faute morale » [1]
Il s’en est confessé. Cette faute n’a pas le même poids que l’enjeu de la présidentielle : relever la France, la protéger des flots de migrants – Macron, fils d’Hollande, a salué la décision de Mme Merkel d’accueillir 1,2 millions de migrants -. Fillon veut, lui, réduire l’immigration au strict minimum, alléger impôts et charges de 50 milliards Cela me suffit.
En faisant appel au peuple, il rappelle à chacun sa liberté de choix et que les juges ne sont ni au-dessus des procédures ni au-dessus de la démocratie. Le patron, c’est le peuple.

3. Sur les « départs ».
Dans la tempête, il y a des marins sur le pont et il y a ceux qui restent, au chaud, dans la soute. Quand on veut être chef ou quand on l’est, on résiste à l’adversité.

Complément sur la position de l’UDI.
– Ses dirigeants se donnent une semaine.
– Leur « sortie » de la campagne aurait des conséquences directes sur les élections législatives. Dans un département difficile comme le Tarn, on gagne tous si on est unis, on perd tous si on est désunis.

([1]) partagée par 1/3 des parlementaires sans compter ceux qui ont pour assistant(e) une personne avec laquelle ils partagent leur vie sans être ni mariés, ni « pacsés »…

Bernard CARAYON, Président de la fédération du Tarn Les Républicains

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