Vaison-Nyons: Requiem de Mozart

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Vaison-La-Romaine et Nyons : Le  Requiem de Mozart fait se lever le public

Gros succès public du Requiem

Les choristes de Cant’Ouvèze et leurs amis n’avaient pas ménagé leur peine : dès avant l’été, ils avaient concocté affiches, banderoles et plaquettes publicitaires pour faire du buzz autour de l’évènement-phare musical de l’automne : à savoir leur concert annuel consacré à Mozart et à son fameux Requiem. L’opération a semble-t-il, assez bien fonctionné puisque durant les deux concerts provençaux de Nyons et de Vaison, le public a répondu présent au-delà de toute espérance. C’est ainsi qu’à Vaison-la-Romaine, sous le patronage des Amis de la Musique, ce dimanche 13 novembre, les 2 chorales réunies de Cant’Ouvèze et de l’Ensemble vocal Christine Paillard ont séduit les très nombreux auditeurs par une interprétation appelée à faire date dans les annales musicales vauclusiennes.

Une préparation annuelle exigeante des choristes

Le Requiem de Mozart est une oeuvre redoutable pour le choriste amateur. Aussi quand Christine Paillard a annoncé à ses choristes qu’ils devraient se passer de partition, l’accueil a été plutôt mitigé : « Afin que les choristes qui l’ont déjà chanté plusieurs fois ne s’ennuient pas, j’ai cherché un nouveau défi : chanter cette œuvre par cœur. La complicité entre le chœur et son chef en est décuplée ; il en résulte aussi une plus grande expressivité vocale. Mais cela n’a pas été sans mal et j’ai dû vaincre de nombreuses réticences : l’œuvre est longue, le texte latin difficile, et se passer de « béquille » est anxiogène ». Les premiers week-end de fin 2015 et début 2016 ont été rudes mais peu à peu la confiance est revenue ; les choristes après de solides répétitions par pupitre ont vaincu leur appréhension, affirmant leur maîtrise au fur et à mesure que se rapprochait l’échéance du concert.

Le Requiem : la liberté et la grâce d’une interprétation par des interprètes motivés

« Le bonheur qu’ils éprouvent aujourd’hui à être libérés du support écrit est ma meilleure récompense », poursuit Christine Paillard. C’est effectivement une puissante motivation qui animait les choristes parisiens et méridionaux en abordant cette œuvre.  Pour l’exécution du Requiem, c’est l’ensemble « Les Epicuriens » qui a assuré l’accompagnement instrumental des choristes avec douze cordes, un orgue continuo, deux fagotts , deux trompettes, deux timbales, ainsi que deux cors de basset et trois sacqueboutes ; ces instruments anciens ont donné une sonorité plus douce que  celle des clarinettes et des trombones. Emilie Ménard, soprano, Lise-Eléonore Ravot, alto, Patrick Garayt, ténor et Raphaël Marbaud, basse ont superbement animé les parties de solistes.

Un puissant sursaut spirituel en ces temps de commémoration d’attentat

L’Adagio pour cordes de Samuel Barber introduisait le concert avec sa tonalité dramatique ; ensuite, sans interruption, le public écoutait dans un silence religieux les différents morceaux du Requiem, passant de la supplication fuguée du Kyrie aux  thèmes  angoissants du Dies irae jusqu’à la réplique finale de la Communio avec le Cum sanctis très enlevé reprenant le thème initial du Kyrie. Cette qualité d’écoute du public ainsi que la direction précise et stimulante de Christine Paillard ont contribué à un rendu musical d’un Requiem particulièrement poignant. Un engagement vocal qui sonnait comme un instant de mémoire et de recueillement après la tuerie du 13 novembre 2015 au Bataclan. Une musique qui parle à l’âme, n’est-ce pas là le but de toute composition artistique sacrée et qui fait écho à ce que l’homme a de meilleur en lui ?  A l’opposé de tous ceux qui veulent attenter à la dignité de la personne humaine en la mettant sous la coupe de consignes aveugles et brutales.

Prochains rendez-vous à Longpont et à Paris les 26 et 27 novembre

L’aventure musicale de Cant’Ouvèze et de l’EVCP ne s’arrête pas là ; elle se poursuit avec les deux concerts franciliens donnés le premier en la basilique de Longpont le samedi 26 novembre 2016 à 20h45 et le second, le lendemain dimanche 27 novembre à 17h à Paris, en l’église Saint-Louis des Invalides.

Pierre-Jean Arnaud

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