Vox Bigerri enflamme Notre-Dame

 

Graulhet : Vox Bigerri enflamme Notre-Dame

A la fin du concert, le public de l’église Notre-Dame du Val d’Amour est encore sous le charme de Vox Bigerri  et demande à  ce chœur masculin de chanter une dernière fois. Le chant n’en finit pas de résonner alors que la nuit s’étend sur Graulhet en ce jeudi 27 avril ; il se poursuit même dans la rue, au grand étonnement des passants, à vrai dire peu nombreux à cette heure-là.

Un mélange de religieux et de profane sous la voûte rougeoyante

Au début du concert,  sous des jeux de lumière qui font rougeoyer la voûte ou lui donnent un aspect azuréen,  Vox Bigerri fait son entrée en donnant le Salve Regina des moines d’Estaing. Cette mélodie à trois voix reprend la poignante hymne mariale traditionnelle; elle fait penser aux chants corses donnés a cappella et popularisés par des groupes comme I Muvrini. Le chant corse se caractérise par la Paghjella qui est à la fois une forme d’expression chantée et aussi une technique vocale. Celle-ci se compose de 3 éléments de tessitures :   a segonza, la voix fondamentale, u bassu, la basse et  a terza, la voix haute. Les voix viennent ainsi par tuilage s’empiler les unes sur les autres provoquant des aller et retours vocaux saisissants. https://www.youtube.com/watch?v=FU4_MCEjUlM

Des racines d’amour plantées dans les jardins du cœur

Vox Bigerri est dans la lignée de ces groupes de tradition orale. Ils nous livrent un répertoire de chants profanes issus des vallées pyrénéennes, des montagnes de Corse, d’Espagne ou d’Italie. Leur production comporte aussi une composante religieuse car ils reprennent des polyphonies entendues lors des messes, tel ce Kyrie issu peu ou prou du grégorien. Les chanteurs bigourdans ont ainsi distillé une heure et quart ces mélodies de bergers, ces berceuses un peu dissonantes comme la Breçaroila de Louisa Paulin et ces complaintes amoureuses avec ces racines que l’on aimerait planter dans les jardins du cœur.

Pierre-Jean Arnaud

En savoir plus : http://www.voxbigerri.com/

Interview de Pascal Caumont

Depuis quand votre groupe existe-t-il ?

Notre groupe a été fondé en 2005 ; il comprend 5 chanteurs ; mais nous n’avons la même classification que celle des voix traditionnelles ; chez nous, tout le monde connaît toutes les voix, mais on retrouve en fait 2 ténors, 2 barytons, et 1 basse profonde, Bastien Zaoui.

Où vous produisez-vous ?

Nous nous produisons dans les familles de bergers, dans les fêtes, à l’occasion d’événements où l’on fait appel à nous. Répertoire de chants profanes, de mélodies, de chansons traditionnelles provenant d’Italie, de Sardaigne ; d’Espagne, que l’on a ramenés chez nous.  La chanson Montségur a été écrite par Pascal Caumont

Quand répétez-vous ?

Nous sommes en fait des professionnels du chant et de la musique basés à Tarbes; certains sont enseignants au Conservatoire. Nous répétons toutes les semaines et nous donnons environ 35 concerts par an ; autant en France (plutôt dans le Sud) qu’à l’étranger.

Notice sur Vox Bigerri

Depuis 2005, Vox Bigerri, choeur masculin de cinq chanteurs (Olivier Capmartin, Pascal Caumont, Fabrice Lapeyrere , Régis Latapie, Bastien Zaoui), se consacre au répertoire polyphonique qui fait vibrer l’Occitanie aux traditions chantées de l’Europe du Sud – du Pays basque à la Catalogne, en passant par la Gascogne, la Corse, la Sardaigne et l’Italie du Nord. Cinq voix qui n’en font qu’une, quand à l’unisson les chanteurs de Vox Bigerri révèlent la matière brute des chants qu’ils interprètent, installant une tension dans ces harmonies aussi subtiles que puissantes pour un résultat hypnotique et envoûtant.  Pour fêter son dixième anniversaire, Vox Bigerri s’est lancé un nouveau défi avec le projet Ligams, qui rassemble une quinzaine de chants de Bigorre et du Béarn et explore les liens fusionnels qui se tissent entre les chanteurs dans la pratique de la polyphonie.  Avec ce choeur aux voix minérales, l’auditeur est emporté dans un vaste territoire sonore où le son polyphonique se sculpte telle une matière vivante. Un objet musical éclatant de modernité qui perpétue ce précieux travail de collecte et de transmission du patrimoine oral.

 

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