Auch: société archéo du 5/07

Auch ; Société archéologique : séance du mercredi 5 juillet 2017
La Société Archéologique, Historique, Littéraire et Scientifique du Gers a tenu sa séance le mercredi 5 juillet 2017 à 14 h 30, à son siège, 13, place Saluste du Bartas, à Auch, sous la présidence de Georges Courtès, président de la Société.
• ORDRE DU JOUR
Informations diverses :
Le président signale que M. Edgar Castéra et Messieurs Da Silva ont reçu récemment la décoration de l’Ordre national du Mérite. Il leur présente les félicitations de la Société.
Il indique aussi que notre adhérente Mme Tronche-Petitcol a publié son ouvrage sur l’histoire du village de Monlezun près de Marciac. D’autre part, la section vicoise de la Société Archéologique fait rééditer l’ouvrage Histoire de Vic-Fezensac publié en 2006 sous la direction de Louis Lagravère et qui était épuisé.
Le président signale l’ouverture à Aignan d’un espace-musée consacré au lieutenant Fontan, natif de cette ville qui s’illustra en organisant la capture de Jules Bonnot, chef de la célèbre bande, réfugié dans sa maison de Choisy-le-Roi en 1912. Fontan trouva la mort au début de la première guerre mondiale.
Il indique la parution du bulletin n°2 du Nouveau centre d’Archéologie et Histoire de Miélan animé par nos amis H.Dupont et B. Magnat.
Il annonce la naissance à Mirande d’une section de notre Société sous la conduite de notre confrère Henri Calhiol.
A Sainte-Christie d’Armagnac, on restaure au village, le logis seigneurial et le rempart construit en terre au milieu du Moyen Age.
Le président montre la nouvelle et belle revue « Côté Gers Gascogne » de notre talentueux confrère Frédéric Alvado. De très jolies photos, des textes bien choisis, une présentation très agréable. Quelques éléments du sommaire : Rencontre avec A.Daguin, Des jeunes producteurs défendent l’Armagnac, Entretien avec l’artiste vicois Chambas, Histoire des duels, Les stalles de l’ancienne abbaye de Pessan etc. Recherchez-la, demandez-la, exigez-la, vite …ou il n’y en aura plus ! ( elle est distribuée gratuitement).
Puis le président Courtès a donné la parole au premier orateur.
• Communications
Jean-Philippe ZANCO, Le dernier bachibouzouk, le vicomte Robert de Noé (1809-1865)
Fils du marquis de Noé, frère du dessinateur Cham, il naît à Ceylan où son père qui avait émigré, travaillait pour une compagnie anglaise. Le jeune Noé devient lieutenant de dragons puis il passe au 5e régiment de Hussards. En 1834, contre l’avis de sa famille, il épouse une jeune Irlandaise d’origine inconnue. En 1840-41, il participe à la conquête de l’Algérie. Au retour, il est blessé au bras en se battant en duel avec l’amant de sa femme qui disparaît. Il est à nouveau en Algérie dans les Chasseurs d’Afrique. Il rentre au début de la IIe République et démissionne de l’armée couvert de dettes. En 1854, réintégré dans l’armée d’Orient, il part vers la mer Noire au début de la guerre de Crimée. Comme l’armée manque de cavaliers, elle recrute des irréguliers albanais très indisciplinés dont l’armée ottomane ne veut plus, les bachi-bouzouks, expression qui signifierait « têtes pourries ». Le commandement en est confié au curieux général français Yusuf que Noé doit assister.
Les bachi-bouzouks L’expédition de Méssine
La charge des chasseurs d’Afrique à la bataille de Balaklava par H.Philippoteaux- 3 x 4m – château de Versailles
Lors d’un premier combat sur le Danube contre les Cosaques à la bataille de Balaclava, c’est la débandade. Certains bachi-bouzouks sont tués, d’autres s’enfuient. C’est un échec peu reluisant. Il en reste néanmoins environ 500 dont Noé doit se débarrasser en récupérant leurs armes. Noé rentre en France et prend la retraite. Sa carrière militaire est peu brillante. Sa situation matrimoniale un échec et il n’a plus un sou. Il reprend un moment une activité au service du roi de Naples contre l’indépendance italienne et Garibaldi. L’expédition à Messine est un fiasco. De retour à Paris, il meurt seul, complètement ruiné et abandonné de tous..

Jacques LAPART, L’hôtel de Polignac et les hôtels particuliers de Condom au XVIIIe siècle.
Condom a un patrimoine architectural qui mériterait d’être étudié. La mairie ayant entrepris la restauration de l’Ecole publique rue J-Ferry ancien hôtel de Polignac. Une étude s’imposait. Ce monument est l’oeuvre de Jean-Marie Dorlan de Polignac (1731-1792) ecclésiastique issu d’une vieille famille de la noblesse locale. Sa nomination comme prieur de Layrac lui apporte d’importants revenus. Les actes notariés montrent que la construction de son hôtel débute en 1773 et qu’on travaille à la charpente en 1776. C’est une construction en pierre de taille soignée et élégante, plus influencée par des modèles parisiens que bordelais sans doute apportés par les ingénieurs des Ponts et Chaussées formés dans la capitale.
Façade sur cour de l’hôtel de Polignac à Condom – vers 1773-1777
Durant la seconde moitié du XVIII° siècle, l’habitat condomois se transforme. Dans le quartier Sainte-Eulalie, l’évêque d’Anterroches construit un beau logis épiscopal tandis que de l’autre côté de la rue, Mme Copin de Lagarde élève un charmant hôtel achevé en 1777. Sur le flanc opposé de la ville, le rempart est éventré, les fossés comblés et remplacés par une promenade désormais bordée de beaux bâtiments, les hôtels du Bouzet (aujourd’hui mairie)
Hôtel du Bouzet de Poudenas construit vers 1762-1765 aujourd’hui mairie (photo mairie de Condom)
en 1762, puis en 1763, celui de Fondelin (aujourd’hui maison Ryst-Dupeyron), à l’arrière l’hôtel Tartanac de Gensac. De l’autre côté des promenades, le grand hôtel de Bonas aujourd’hui étude notariale etc. Ces constructions sont rendues possible par des héritages providentiels de certains, les richesses de l’Eglise pour l’évêque et l’abbé, les revenus apportés par la prospérité des campagnes de l’époque. Un habitat clairsemé à l’intérieur des remparts permet le dégagement de grandes parcelles pour les constructions. Le tissu urbain trop dense empêche Auch d’en posséder de semblables. A Lectoure, on peut citer les beaux hôtels de Bastard (restaurant) ou de Goulard (aujourd’hui les Thermes). A Condom, les vieilles familles traversent sans trop de difficultés la Révolution et conservent longtemps leurs beaux immeubles. Le logis épiscopal devient sous-préfecture. La fin du XIXe siècle est plus difficile.
Deux hôtels sont souvent vendus pour servir d’écoles publiques (hôtels de Polignac et du Bouzet). D’autres passent à de nouvelles familles enrichies dans le commerce de l’eau-de-vie. Aujourd’hui, les bâtiments publics sont bien entretenus. Plusieurs hôtels viennent de faire l’objet de belles restaurations par de nouveaux Gersois.
Les membres de la Société Archéologique lors de la visite de la sous-préfecture de Condom en mai dernier (ancien hôtel construit par Mgr d’Anterroches vers 1770-1775
Le président lève la séance et donne rendez-vous au mercredi 3 août pour la séance mensuelle.
Bonne lecture
A bientôt
Jacques Lapart secrétaire de la Société

N.B : sortie d’été le dimanche 20 août prochain
10h : rendez-vous au village de Réans , 7 km à l’ouest d’Eauze : accueil par Mme le Maire
Réans, son église, son château …
12h départ vers le déjeuner qui aura lieu au château de Caumale (Landes) route du Parlebosc, D.656, puis Gabarret (18km) puis D.36, 2 km à l’Est, après la piscine municipale.
Repas au château, dans l’ancien chai aménagé : melon, poulet grillé, légumes, fromage, dessert maison, vin, café. 15 euros. Inscription obligatoire avec chèque à l’ordre de « Caumale » adressé à J.Lapart, 8 imp. Cadéac, 32000 Auch.
Visite du château et des expositions en liens avec les Antilles, histoire du café, du cacao

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