Gaillac: petit tour aux Archives

Gaillac : un petit tour aux Archives municipales- Hotel de Pierre de Brens

L’hôtel Pierre De Brens : un bel écrin pour les archives

Marie-Hélène Vic est responsable des archives communales de Gaillac ; elle exprime sa satisfaction d’œuvrer depuis 10 ans  au sein de ce « bel écrin  de l’Hôtel Pierre de Brens » ; ce dernier était co-seigneur de Gaillac au XVème siècle. Cet immeuble exceptionnel est situé rue de Peyriac au cœur du Gaillac historique. Cet hôtel a appartenu du XVe au XIXe siècle à plusieurs familles. En 1646, paraît un registre du cadastre, un compoix que le département achète au XIX e ; fait connu de tous les Gaillacois,  le lieu a servi de prison au début du 19e siècle, vers 1830 ; cette partie assez austère, aujourd’hui démolie, a cédé la place à un parking. En 1970, la ville de Gaillac acquiert le  bâtiment ; elle y effectue des travaux ; en 1972, il abrite le musée du compagnonnage, de la vigne et du vin  qui est ensuite transféré au Musée de l’abbaye. Avec l’aide des services des archives départementales, les archives de Gaillac s’y installent dans les années 1999-2000. C’est un tournant très important pour les archives de Gaillac. L’inspection de 1986 avait révélé la nécessité d’un nouveau classement.

Typologie des documents, classement, inventaires

Au fil du temps, la typologie des documents s’est complexifiée ; au début, seuls existaient  4 à 5 types de documents : délibérations, état-civil, impôts, cadastre… Pratiquement aucun inventaire n’a été réalisé de  1663 à 1770. Puis en 1873, Emile Jolibois recense 353 pièces de 1663 ; mais dès cette époque, on  constate des pièces manquantes. La loi de 1924 donne un cadre de classement ; ainsi pour l’Ancien Régime, c’est un système de double lettrage ; AA : actes constitutifs de la commune ; BB : délibérations du conseil municipal ; CC : impôts et fiscalité ; DD : édifices et biens communaux, voirie ; EE : affaires militaires ; FF : justice et police ; GG : culte, registres paroissiaux ; HH : agriculture, industrie, commerce ; II : fonds anciens privés.

Les archives sont classées en 3 grandes périodes:

  • L’Ancien Régime, monarchie jusqu’à la Révolution
  • les temps modernes : depuis la Révolution jusqu’à 1982
  • la période contemporaine depuis 1983 à nos jours

Pour les temps modernes, un classement avec lettre simple avait été adopté A, B, C…Pour la période contemporaine, il n’y a plus d’inventaire clos ; c’est un inventaire en série continue avec la lettre W. Les petites communes utilisent la catégorie S, catégorie fourre-tout.  Attention, les documents gaillacois ne peuvent être éliminés s’il n’y a pas l’aval des Archives départementales. La norme ISAD(G)  est venue homogénéiser et standardiser la description des archives de toute forme, de tout support et de toute époque. C’est un véritable pavé qui est décliné par une consigne simplifiée des Archives départementales. Un autre concept est celui de la DUA : durée d’utilité administrative.

Le classement à Gaillac

Jean Calvet  a été maire de Gaillac pendant 40 ans de 1919 à 1959 avec une petite période d’interruption pendant la guerre de 1939-1945 ; historien, il était donc très attaché aux archives. Marie-Hélène Vic raconte : « Au départ, les tables des matières ont été rédigées à la main. L’ordinateur est arrivé dans les années 1990 ; il y avait un inventaire manuscrit. Le  classement W est mis en œuvre à partir de 1983, à Gaillac. On est très en avance ; on a fait notre 27eme versement, on met en place une politique de collecte des archives contemporaines sur la base des deux circulaires de  2009 et de 2014. Cela change les habitudes des archivistes ; il s’agit d’aller collecter  parfois sur place les documents ». Ce travail s’est réalisé grâce au concours remarquable de plusieurs personnes : Mlle Humilière, Mme Mazzariol, Eric Delamotte. « A compter de 2014, on met un numéro au document sur la base d’un tableau de gestion avec les durées, les côtes de la boîte de classement ».

Les registres paroissiaux numérisés et l’état-civil

Les registres paroissiaux ont été numérisés à l’initiative du département ; le Tarn a été le précurseur, l’Aveyron le fait. Il y avait 6 paroisses à Gaillac. Des personnes privées ont aussi collaboré sur ce sujet : cf. le site de M Grégoire. En 1986, on a travaillé en urgence pour pouvoir consulter les archives ; on a fait des fac-similés. Napoléon qui était un visionnaire  a décidé de cartographier la France avec des géomètres ; il a fait réaliser des plans cadastraux et mis en place l’état-civil ; on a ajouté à la fin du 19e siècle la possibilité d’ajouter des mentions marginales dans les actes de naissance (mariage, décès) pour améliorer les choses. Des tables décennales ont été constituées, avec la correspondance des dates du calendrier révolutionnaire et du calendrier grégorien.

Quel public  et quelle recherche ? Quelques actes remarquables 

Deux types de publics viennent consulter les archives : les personnes qui font de la généalogie pour 80% et les étudiants pour 20%, de Champollion ou d’ailleurs. Il y a aussi les érudits locaux, comme Alain Soriano. Que trouve-t-on aux archives communales de Gaillac ?

les délibérations municipales depuis 1500 ;

l’état-civil  et les anciens registres paroissiaux

le cadastre, les compoix, base de l’impôt, (qui n’existent que dans le Languedoc, pays de droit écrit)

les recensements de population

Il y a aussi quelques pièces remarquables :

GG55: bulle du pape Jean XXII de 1329 qui accorde le droit de construire un collège à Gaillac

GG55: sentence de l’officialité de Bourges datant de 1358 de 2 m de long

DD1 : un parchemin de 1330  relatif à un marché de tuiles écrit en latin

AA1 : Un cartulaire attribué à Louis Combettes de Labourrelié : liste des documents les plus  importants

Histoire manuscrite de Gaillac écrite et illustrée de plans et de dessins par M. Hugonet, secrétaire de mairie, architecte, voyer, aquarelliste et bibliothécaire.

Avec leurs vitrines du passé, les archivistes sont des passeurs d’histoire 

Sans archives, il n’y a pas d’histoire ; les archives d’aujourd’hui permettront d’écrire l’histoire de demain. La base documentaire de l’Hôtel Pierre de Brens est le reflet de l’administration de la ville de Gaillac depuis 1500 ; toute personne  peut venir la consulter les mardis et vendredis. Le meilleur accueil lui sera réservé !

Pierre-Jean Arnaud

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