Marion Cattani, vitrailliste

Sieurac : Marion Cattani, vitrailliste, illumine les nefs et les salons

Marion Cattani, la normande, a posé ses valises dans le Tarn profond. Après une formation à l’Ecole des Arts d’Arras, spécialisation vitrail et dessin, elle a travaillé comme salariée cinq ans à Avignon, puis deux ans à Gaillac où elle s’est occupée des églises St Michel et St Pierre. Puis cela a été le coup de cœur pour Sieurac et la campagne tarnaise avec son installation comme artisan à son propre compte. Elle s’est équipée de fours, de table lumineuse en faisant son marché dans les ateliers d’artisans partant à la retraite ou même chez un ancien photographe, avec l’aide de son mari, ancien ferronnier. Depuis plus de 10 ans, cette vitrailliste répond aux demandes de particuliers ainsi qu’à la commande publique. Si la demande de particuliers a tendance à stagner, la commande publique relative au patrimoine ne faiblit pas. Divers chantiers sont achevés ou en cours sur la paroisse de Graulhet-Briatexe « Marie, mère de l’Eglise » : St-Mémy, Notre-Dame du Val d’Amour, Briatexte, Larmès ; ses chantiers se trouvent aussi sur Castres, sur Roquecourbe et même à Lacaune, où le curé Badjosse Kouamé, ancien vicaire de Graulhet, lui a passé une commande.

Un travail technique minutieux de dessin, de cuisson du verre et d’assemblage

Si la commande publique est la plupart du temps consacrée à la restauration de vitraux, la demande privée concerne elle un travail de création, suivant le cahier des charges du particulier. Dans les deux cas, la technique mise en œuvre réclame minutie et application, que ce soit pour la grisaille et l’émail. Pour la restauration, les étapes sont les suivantes : il s’agit d’abord d’établir une trace en dessin du vitrail endommagé, de réparer les anomalies (morceaux manquants, consolidation) et de procéder au remontage. Ainsi pour la reconstitution du vitrail de la Vierge de l’Assomption, on recrée la partie manquante du visage en s’inspirant du coup de pinceau de l’artiste initial et en se calant sur les teintes existantes. Dans tous les cas, l’étape de la cuisson est aussi primordiale pour le rendu des couleurs, du drapé des vêtements, des visages. Le plomb est utilisé pour assurer l’étanchéité des morceaux de verre ; un point de soudure à l’étain conforte la solidité de l’ensemble à l’intersection des segments de plomb, au recto et au verso. Marion Cattani explique ainsi sa passion pour cette activité alliant sens artistique, précision et minutie. Elle n’est pas la seule femme vitrailliste dans le Tarn ; elle travaille aussi en lien avec Sklaerenn Imbeaud, maître-verrier, présidente de la Commission des métiers d’art au sein de la Chambre des métiers et dont l’atelier En Verre Contre Tout a pignon sur rue à Castres.

Pierre-Jean Arnaud

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