Toxicomanie: pas de drogues douces

NDVA 19 dec 2015 jee pardon (2)

Cardinal Parolin : on ne combat la drogue avec la drogue

Source : ZENIT.org
Jubilé de la miséricorde dans un centre d’aide aux personnes toxicomanes
Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a présidé la messe de Noël du Jubilé de la miséricorde pour les hôtes, et leurs familles, du « Centre italien de solidarité don Mario Picchi » de Rome (CEIS). La célébration a eu lieu mardi 22 décembre au «Presidio Paolo VI». Extraits…
“L’Eglise “ne peut pas se taire” sur la drogue et “fidèle à l’enseignement de Jésus, l’Église ne peut pas abandonner ceux qui sont impliqués dans la spirale de la drogue », déclare le cardinal Parolin.
Nous ne pouvons pas oublier, comme nous l’a rappelé le pape François, que « le fléau de la drogue continue de sévir sous des formes et dans des dimensions impressionnantes, alimenté par un marché abject qui dépasse les frontières nationales et continentales. Ainsi, pour les jeunes et les adolescents, le danger continue de croître. »
Face à ce phénomène, nous ne pouvons pas ne pas exprimer notre profonde douleur et notre grande préoccupation. L’Église ne peut pas se taire ! Et le Saint-Père nous a indiqué la route : « on ne combat pas la drogue par la drogue ! La drogue est un mal et, avec le mal, il ne peut y avoir de relâchement ni de compromis. Penser pouvoir réduire les dégâts en permettant l’usage de psychotropes à des personnes qui continuent de faire usage de la drogue, ne résout absolument pas le problème. Les légalisations de ce que l’on appelle les «drogues douces», même partielles, sont non seulement discutables sur le plan législatif, mais ne produisent pas les effets qu’elles s’étaient fixés. En outre, les drogues de substitution ne sont pas une thérapie suffisante, mais une manière voilée de baisser les bras devant le phénomène. »
Le pape l’a dit avec une grande clarté : « Les opportunités de travail, l’éducation, le sport, une vie saine: telle est la voie de la prévention de la drogue. Si tous ces « oui » se réalisent, il n’y a pas de place pour la drogue, il n’y a pas de place pour l’abus d’alcool et pour les autres dépendances. »
Fidèle à l’enseignement de Jésus, l’Église ne peut pas abandonner ceux qui sont impliqués dans la spirale de la drogue : elle les prend par la main, à travers l’œuvre de tant de professionnels et de bénévoles, pour qu’ils redécouvrent leur dignité et fassent émerger de nouveau ces ressources, ces talents personnels que la drogue a enterré en eux, mais qu’elle n’a pas pu effacer puisque tous les hommes sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Travailler sur la prévention
On ne peut pas, cependant, se limiter au travail de réhabilitation. Il faut travailler sur la prévention. Nous avons sous les yeux l’exemple de tant de jeunes qui, désireux de se soustraire à la dépendance de la drogue, s’efforcent de reconstruire leur vie. C’est un encouragement à regarder devant soi, avec confiance.
Cela fait quarante ans que le CEIS est en première ligne dans la lutte contre les dépendances. Pendant tout ce temps, il est toujours resté fidèle à l’enseignement, moral et pratique, que don Mario Picchi a résumé dans les principes de base de la philosophie du « Projet Homme » (Progetto Uomo), qui met la personne humaine au centre de l’histoire, comme protagoniste, affranchie de tout esclavage, tendue vers le renouvellement intérieur, la recherche du bien, de la liberté et de la justice.
Ces dernières années, malheureusement, la gamme des dépendances s’est considérablement élargie. Comment ne pas évoquer le grave phénomène récent de la dépendance compulsive à l’égard, par exemple, de la navigation sur Internet, des achats, des jeux de hasard, de la nourriture et du sexe. Et la liste pourrait encore continuer.
Il faut penser à une action de prévention qui se traduise par une intervention sur la communauté tout entière, afin que l’action éducative, culturelle et formative implique le plus grand nombre possible de filles et de garçons, et pas seulement les groupes à risque.
Il semble important, comme vous le faites depuis bien longtemps avec professionnalisme et passion, mais surtout avec respect et amour, dans une politique de prévention du malaise de la jeunesse, d’augmenter l’estime de soi des nouvelles générations afin de contrecarrer et de dépasser le sentiment d’insécurité et d’instabilité émotive favorisé tant par les pressions sociales implicites que par la nature intrinsèque de la phase de l’adolescence.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *