Castres : tricentenaire St-Benoît

  

    

 

Castres : tricentenaire cathédrale Saint Benoît  pour des pierres toujours vivantes !

En 1718, trois ans après la mort de Louis XIV, la cathédrale de Castres était consacrée. Trois cent ans après, ce dimanche 15 juillet 2018, une célébration solennelle a marqué la renaissance de l’édifice de style baroque, construit à l’emplacement de l’ancienne abbaye bénédictine. Pas moins de trois évêques, Mgr Jean Legrez, actuel archevêque d’Albi, Mgr Pontier, archevêque de Marseille , et Mgr Marcel Mouïsse, évêque émérite de Périgueux, tous deux originaires du Tarn, entouraient le curé , le père Michel Basquin, le frère  bénédictin David, abbé d’En Calcat les diacres Michel Rodier, Damien Quintard, ainsi que de nombreux autres prêtres et servants d’autel, en présence du maire Pascal Bugis et de Geneviève Amen, Brigitte Laquais, René Pistre, élus castrais.

L’église : vaisseau pour l’évangélisation ou coffre d’intériorité

Dans son mot d’accueil, Mgr Jean Legrez soulignait le caractère unique de cette page du chapitre 1 de la Lettre de st Paul aux Ephésiens : l’Apôtre y dévoile le projet de Dieu sur l’homme qui nous veut saints et immaculés dans l’amour, une sainteté à vivre dès maintenant dans la louange de sa gloire, grâce à l’Esprit saint reçu par le baptême.

Dans son homélie, le frère David posait la question de la rencontre avec Dieu dans ces lieux qui lui sont dédiés, nos églises et nos cathédrales. Dieu peut-il être circonscrit dans un espace particulier ? Est-il nécessaire de lui affecter un endroit précis. Il est partout. Ni la terre et les cieux ne peuvent le contenir. Serions-nous suspects de régression en voulant ainsi limiter ces lieux de rencontre avec nos cathédrales, si belles, si grandioses ? Nous avons peut être peur de ressembler aux païens avec leurs temples. Que nous dit la Bible : Où donc est-il ton Dieu ? Quel espace pour rencontrer Dieu ? J’ai pensé à un espace rétréci ; l’arche de Noé au temps du déluge. L’arche est à la fois vaisseau qui navigue et coffre sur la mer. Nos églises ont gardé quelque chose  du vaisseau, du coffre précieux ; des vitraux qui rabattent tout le ciel vers l’intérieur ; tout est concentré vers l’en-dedans. Certaines églises sont plutôt vaisseau ainsi dans l’art gothique ; d’autres sont plutôt coffre comme dans l’art baroque. Ce sont des arches, des vaisseaux,  des maisons superlatives pour Dieu. L’église est un lieu mais un lieu pas dans le dehors du monde ; notre Dieu est dans le dedans. Il y a cet appel à émigrer vers l’intérieur. Le monastère créé par st Benoît, c’est une petite église, une petite concentration vers l’intérieur, ancrée et délimitée dans l’espace par la clôture, sinon elle devient coque de noix, prenant l’eau.

L’Evangile d’aujourd’hui met l’accent sur l’envoi en mission ; on est aux antipodes de l’arche, de la vie intérieure; c’est cet envoi qui sera fait tout à l’heure avec l’Ite missa est. Qu’en est-il de cette invitation dans nos vies bénédictines ? Sommes-nous en hérésie ? La mission ne peut fonctionner qu’avec un corollaire, l’hospitalité. Par exemple, quand les disciples qui partent sur les routes pour évangéliser, ne sont pas reçus, il leur est demandé de se retirer. L’Evangile est entre dedans et dehors ; on est toujours évangélisé par celui à qui on porte la Bonne nouvelle. Intérieur et extérieur sont indissociables. L’Eglise est un corps vivant : arrêter la respiration, le temps est impossible ; sinon, c’est la mort. Seule l’alternance de ces deux composantes, mission et retour, constituent la vie des chrétiens. Saint Benoît a souhaité dans sa règle que le monastère soit un lieu d’hospitalité inconditionnelle, une église superlative, accueil pour quelques jours ou pour la vie… C’est un double mouvement extérieur et intérieur, quand nous le faisons chaque dimanche, non pour capitaliser mais pour donner ce qu’on a reçu. Il faut recharger les batteries, sinon nous courons le risque de nous noyer dans l’action du monde. L’église est ce double lieu d’hospitalité et missionnaire où l’on est à la fois accueilli et accueillant.

Une célébration vibrante de musique et de chants

Sans musique, la célébration perd toute sa saveur ; porteuses spirituellement furent les vibrations procurées par les chants de la chorale  et de l’assemblée avec les différents animateurs : Christine Pettinari, Anne-Marie Penalver, Pierre-Marie Voisin, Marc Catala. A noter les participations soutenues d’Hélène Nègre au grand orgue, d’Agnès Beignier, clarinette et Marie Pezet, flûte. Egalement le chant de méditation particulièrement émouvant « Humblement, dans le silence de mon cœur, je me donne à toi ô Seigneur. Entre tes mains, je remets ma vie, ma volonté, tout mon être. Vierge Marie, garde mon chemin dans l’abandon, la confiance de mon cœur. » Rien n’aurait été possible sans l’implication de tous les bénévoles de la paroisse pour l’entretien, le fleurissement, et des dévoués sacristains, Jérôme et Laurent.

Admonestation de Mgr Legrez  et apéritif dans les jardins de l’Evêché, musée Goya

Une enveloppe timbrée a été éditée spécialement pour ce 300ème anniversaire de la cathédrale ainsi qu’un livre, rappelait le père Basquin. En guise de conclusion, une admonestation de Mgr Legrez fut adressée aux membres de l’assemblée : « Mon obsession est l’évangélisation des jeunes ; ils sont invités à rejoindre l’Eglise ; ceci est un appel, un vœu et une prière ». Puis fut donnée l’invitation par le maire Pascal Bugis à se rendre dans les jardins de l’évêché pour un apéritif partagé, sous un soleil ardent.

Pierre-jean Arnaud

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