Lectoure: les 50 ans du lycée St-Jean

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Lectoure-Saint-Jean: 800 anciens fêtent leurs retrouvailles à l’occasion des 50 ans du lycée

Saint-Jean vaut bien une messe

Tout commence ou finit par une messe. C’était le cas ce dimanche 17 avril 2016 en début de journée, sur cette colline inspirée, ce promontoire spirituel qu’est Lectoure. En la cathédrale remplie de la foule des grands jours, concélébraient autour de Mgr Maurice Gardès, archevêque d’Auch, nombre de prêtres dont l’abbé Pujol, qui fêtait ses 60 ans de sacerdoce, l’abbé Bourrousse, ancien curé de Lectoure, ainsi que l’abbé David Cenzon, curé actuel, auxquels s’était joint l’abbé Pierre Bonnet, vicaire général d’Agen, en présence des directeurs actuel et ancien de l’école. La chorale de Saint Jean dirigée par Geneviève Cockenpot, a soutenu avec le grand orgue le chant de l’assemblée en donnant plusieurs morceaux en polyphonie. Le traditionnel « Cantique des Gascons à Notre-Dame » venait apporter une touche mariale à cette célébration solennelle, mais empreinte d’émotion et de ferveur. L’auteur se souvient d’avoir vécu en cette cathédrale de Lectoure, sa première communion le 30 mai 1957 avec ses deux cousins, Elisabeth Arnaud et Claude de Lartigue, neveux de l’abbé Guy de Lartigue.

Pierre Gardeil, raconté et dévoilé

A tout seigneur, tout honneur, Pierre Gardeil a reçu un  triple hommage appuyé de la part de la municipalité, de la part de Bernard Bonnet ancien directeur de Saint Jean et de Jean-François Gardeil.

Bernard Bonnet : le lycée voulu par Pierre Gardeil : une « presque famille »

 Dans son intervention, l’ancien directeur a retracé tout l’historique de la construction du lycée St Jean et les débuts pédagogiques de Pierre Gardeil. Il a aussi évoqué les pères fondateurs de l’école : le chanoine Tournier, les abbés de Lartigue, les anciens professeurs, en insistant sur l’esprit inventif qui animait ces pionniers durant les difficiles années d’après-guerre. Pierre Gardeil, nommé directeur en 1966 du lycée Saint Jean, a  contribué à asseoir la notoriété de cet établissement catholique ouvert à tous, en y permettant les activités comme le chant choral, le théâtre… Il a aussi particulièrement insufflé cet esprit éducatif si particulier qui fait l’ADN de ce lycée lomagnol : promouvoir prière et dialogue au sein de la communauté des professeurs et des élèves, élevée au rang de « presque famille ». Comment ne pas évoquer avec émotion son compagnonnage philosophique avec René Girard dont beaucoup ont découvert la pensée par le biais de la revue «  Les Saisons de Saint-Jean » qu’il avait créée en 1983 ? Cette revue, véritable lien entre les anciens élèves et qualifiée par Bernard Bonnet « d’aventure intellectuelle stimulante » nourrissait la réflexion philosophique et théologique de beaucoup avec le concours de plumes prestigieuses dont l’ami de longue date, le philosophe Michel Serres. Après avoir remercié les générations d’éducateurs qui se sont succédé dans l’établissement, l’ancien directeur soulignait que le lycée était placé sous le patronage de Saint Jean-Baptiste, dont la statue faite de bric et de broc, réalisée par un ancien élève, François-Xavier Richard, et placée dans l’oratoire du lycée, rappelle la vocation de l’école : « annoncer Jésus-Christ ».

Jean-François Gardeil évoque le nez de son père ; l’altitude ne sert pas, elle commande

 Prenant à son tour la parole, Jean-François Gardeil a aussi évoqué « le nez » de son père, non comme appendice protubérant décrit par Edmond Rostand dans Cyrano mais comme 6e sens de ce personnage protéiforme qu’était Pierre Gardeil. Tour à tour directeur, professeur, philosophe, conférencier, écrivain, musicien, guide spirituel, Pierre Gardeil, esprit vif et  caractère tranché, a diffusé au tour de lui toute une culture du bien à partir des œuvres majeures de la littérature, du cinéma, de la peinture ou de la musique. Homme imprégné par les plus grands auteurs et enrichi par une lecture « gargantuesque », Pierre Gardeil a dans un mouvement pneumatique d’expiration, redonné ce qu’il avait inspiré durant sa jeunesse. Du souffle, il en fallait pour mener à bien ses diverses entreprises  dont celle de convaincre les élèves et leurs parents du fait que « les grands génies de la littérature, de la peinture, de la musique en savent davantage que nous sur nous-mêmes ». Une invitation adressée à tous pour rentrer dans une démarche  de culture intérieure. Ainsi pensée, la culture est ce chemin par lequel l’art et la littérature nous invitent « à un voyage au plus profond de nous-mêmes, où le fracas du monde n’atteint pas » et d’où « frappé d’une sainte blessure » l’on ne sort pas indemne. « L’altitude (au sens latin de profondeur), ne sert pas, elle commande », aimait à dire Pierre Gardeil qui souhaitait éveiller chez ses élèves cette conscience puisée parmi les écrivains chrétiens qu’il affectionnait. De Pascal à Bernanos, ceux-ci ne cessent de nous expliquer que « l’homme apparaît boiteux sans le secours de la grâce ».  La vocation spirituelle des arts et de la littérature est comme un fil rouge qui traverse tous les livres de Pierre Gardeil. Un site des Amis de Pierre Gardeil devrait bientôt voir le jour ; il donnera des extraits significatifs de cette œuvre dont «  les grands esprits qu’il a connus la tiennent dans un estime telle qu’on peut augurer de sa pérennité ».

Le chanoine Pasquier était aussi évoqué dans le cadre du compagnonnage musical qui avait lié les élèves de Lectoure au maître de chant de l’abbaye Saint-Maurice, située dans le canton du Valais en Suisse. Fugace moment, le dévoilement de la plaque en présence de Michel Pascau, de Romain Arnault, Bernard Daubas et bien d’autres… précédait la pause méridienne et conviviale du déjeuner, ainsi que la suite du programme annoncé par l’actuel directeur, Georges Bonnet.

Des agapes sous les tentes

Par une météo relativement clémente, les 800 convives prenaient place dans sous les tentes dressées pour le déjeuner dans la cour du lycée. Les participants avaient été invités à amener un sucré ou un salé pour 6 personnes, le reste étant fourni par l’organisation : grillades de jambon à la moutarde, vin des Côtes de Gascogne domaine de Pellehaut. Chacun, ayant choisi ses commensaux, put ainsi partager ses impressions sur cette journée, évoquer les anecdotes d’un passé scolaire plus ou moins lointain, et échanger sur sa vie de l’aujourd’hui. Après libations et dégustations, pas question cependant de s’endormir. Le programme consistant des 50 ans invita les uns au théâtre, envoya les autres en visite à la pension des filles ou à Saint Joseph, les derniers restant sur place.

Au théâtre, ce jour : Tchékov, Courteline et Ribes

Ceux qui le souhaitaient, parents, élèves, ont donc pu se rendre au 2ème étage de Saint Jean où leur était proposée une représentation théâtrale dans la salle d’étude. Les jeunes poulains bien drivés par leur metteur en scène, Jacotte Arnaud, ont délivré un spectacle de qualité. Au menu de leurs prestations agréables et bien enlevées : «l’Ours» de Tchekhov, «Gros chagrin», de Courteline, «Tragédie» et «Fraternité», de Jean-Michel Ribes. On  a bien ri en voyant cet Ours débarquer façon cosaque et s’attendrir au final en cueillant un baiser de sa locataire, une veuve charmante qui ne voulait pas mettre un terme trop rapide à son deuil.

Chants sacrés et chants profanes à la cathédrale

En fin de journée, les mélomanes étaient conviés au concert donné par la chorale des Feux de Saint Jean en la cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais. Chants sacrés et mélodies profanes ont composé un bouquet savoureux, en passant par la Gospel mass de Robert Ray, les Chants tziganes et les Liebeslieder walzer de Johannes Brahms (dont l’émouvant Vögelein durchrauscht die Luft),  La Reine de cœur, une sonate pour flûte et piano, huit chansons populaires de Francis Poulenc, sous la baguette énergique de Jean-François Gardeil, directeur des Chants de Garonne, assisté de Lise Dagatti, flûtiste et professeur de musique. Avec en conclusion, le célèbre final de la Passion selon st Jean de Jean-Sébastien Bach, pour l’interprétation duquel les anciens choristes qui le souhaitaient, étaient invités à monter sur scène. A noter la participation exceptionnelle de Béatrice Uria-Monzon, ancienne élève de Saint-Jean dans les années 1980, qui enchanta l’auditoire avec son interprétation du célébrissime Casta diva, extrait de l’opéra Norma de Bellini.

Pierre-Jean Arnaud

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