Djelloul: le marcheur tarnais

Graulhet : Djelloul, le marcheur tarnais

Djelloul est une figure de la cité du cuir. Personnage hors du commun, vous croiserez sa silhouette furtive au hasard de vos passages le long des rues de la ville, avenue du général de Gaulle ou route de Lavaur. Sa particularité : il marche ; il n’arrête pas de marcher et on peut dire que chez lui, la marche, c’est une seconde nature.

Un parcours de vie mouvementé

Mais racontons son histoire. Ses parents sont venus en France  en 1962 au moment de l’indépendance de l’Algérie ; le petit Djelloul a alors 7 ans. La famille s’installe tout d’abord à Laboutarié, puis occupe divers logements dont celui du Moulin Neuf. Le Moulin Neuf était alors au début des années 70, un véritable quartier avec une école, des pavillons, des usines. De tout cela, Djelloul garde le souvenir. Il Elève turbulent, il sort du système scolaire et travaille en mégisserie Rouzières, Dourliès, Joqueviel. Puis il monte à Paris, où il trouve du travail dans le secteur de l’imprimerie. Il garde de cette époque quelques bons souvenirs dont celui des cartes de visite rédigées en lettres d’or pour la réception à l’Elysée de l’empereur du Japon ou le concert des Rolling Stone en 1976. De cette époque aussi, Djelloul a contracté le virus de la marche ;   ses déplacements, il les fait à pied, ne prenant le métro qu’en de rares occasions ; il se confie: « A Paris, je marchais, je marchais beaucoup ».

Des défis dans la tête

Les parents de Djelloul ont déménagé à Briatexte où ils résident depuis près de quarante ans et son père est maintenant centenaire. Djelloul quant à lui habite Graulhet depuis plus de vingt ans, au cœur de ville historique, à deux pas de l’église Notre-Dame du Val d’Amour. Il parle de ses sorties pédestres journalières dont il garde mémoire sur un cahier tenu à cet effet : « Je fais en moyenne 44 000 pas par jour sur une durée de moyenne de 6h30.  Mon défi est de parcourir 10 000 km en 18 mois entre janvier 2019 et juin 2020. ».

Un contact étroit avec la nature et avec ses proches

Ce chemineau des temps modernes est en phase avec le mode de vie de nos ancêtres qui se déplaçaient énormément à pied. Une fois, sur les sentiers ou au bord des routes, Djelloul ressent ce contact privilégié avec la nature, les plantes et les oiseaux. Une aventure qui a failli se terminer assez tragiquement quand il s’était endormi au cours d’une nuit glaciale où le thermomètre était descendu à – 19°. Rien n’arrête Djelloul qui avoue « marcher pour ses parents, pour tous les handicapés, pour ceux qui ne peuvent se déplacer », tandis que lui « il voyage, il voyage  continuellement », comme le personnage Plume du poète Henri Michaux.

Pierre-Jean Arnaud

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