Mgr Legrez: orientations pastorales

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Albi : Lettre d’orientations pastorales de Mgr Legrez : envoyés en mission par l’Esprit

Une visite préalable de 5 ans dans les doyennés et les paroisses tarnaises

Mgr Legrez , archevêque d’Albi, arrivé sur le diocèse en février 2011,  a tenu à effectuer pendant cinq ans, un tour complet de son diocèse en visitant chaque doyenné, chaque secteur paroissial avant de rédiger pour les deux ans à venir, sa première lettre d’informations pastorales centrée sur la mission ; «  celle-ci incombe à tous les baptisés » , précise-t-il d’emblée. Le titre lui-même relève cette forte inflexion missionnaire voulue par le successeur de Mgr Pierre-Marie Carré sur le siège archiépiscopal albigeois : «  Envoyés en mission par le Saint-Esprit » ; il s’appuie sur l’expression de disciples-missionnaires souvent employée par le pape François et aussi sur la Joie de l’Evangile, 1ere exhortation apostolique rédigée par ce dernier en novembre 2013.

Le diagnostic d’un monde en pleine mutation : «  nous avons tous besoin du salut »

L’Eglise diocésaine n’échappe pas à la profonde mutation engagée depuis un demi-siècle et qui a grandement modifié le paysage : baisse démographique dans l’Est du département, mécanisation rapide dans le monde rural, quasi-disparition des mono-industries (délainage à Mazamet, Textile à Castres et dans la vallée du Thoré, mégisserie à Graulhet), émergence cependant ça et là d’un tissu performant de PME, agriculture plus diversifiée et favorisant les circuits de vente directe. Dans le même temps, sur le plan culturel et sociologique, Mgr Legrez pointe après l’effondrement des régimes totalitaires du XXe siècle, la montrée du relativisme et de l’individualisme, avec une sécularisation croissante qui engendre un sentiment de défiance envers tout ce qui est institution. Comme telle, l’Eglise catholique est soumise à  des critiques récurrentes sur son archaïsme ou pire, sur sa responsabilité génératrice de violences. Dans une société où le taux de pratique varie entre 4 et 8 %, il importe d’aller vers les 90% qui ne sont plus familiers de l’Eglise : mal croyants, incroyants, indifférents et vers ceux qui sont à sa périphérie : pauvres, exclus, blessés de la vie. Comme le souligne l’Exhortation ’’ La joie de l’Evangile’’, chaque baptisé doit pouvoir « annoncer et porter le salut dans notre monde qui souvent se perd… L’Eglise doit être le lieu de la Miséricorde gratuite, où tout le monde peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Evangile. »

Les 4 priorités : les couples, la catéchèse, les jeunes, la formation continue des baptisés

Mgr Legrez à partir de ce diagnostic, veut engager les chrétiens du diocèse dans quatre orientations  missionnaires. Tout d’abord, il s’agit d’accompagner des couples selon l’Evangile. « Le couple est selon la révélation biblique, une icône vivante du Dieu Trinité dans laquelle l’amour préside à toutes les relations. » Concrètement, il s’agit de proposer à partir de 2016-2017 un parcours de 8 mois ; les couples seront aidés à cheminer vers le sacrement du mariage, qualifié par le pape François « de  don pour la sanctification et le salut des époux ». La 2ème priorité vise une catéchèse audacieuse qui concerne autant les enfants que les parents. La 3e priorité concerne les jeunes qui souvent lâchent prise, une fois catéchisés ; les collégiens et lycéens doivent pouvoir être approchés au-delà des 200 confirmés annuels, ce qui est peu par rapport à toute une classe d’âge. Enfin, pour répondre aux enjeux actuels, les baptisés sont invités à une formation continue dans les domaines les plus divers: mise en place de l’accueil des plus démunis, encyclique Laudato si dans le monde agricole, questions éthiques dans le monde de la santé, poursuite des groupes Youcat avec un livret sur la Messe…

Vers une refonte des paroisses

 Les quelques 500 clochers actuels encore qualifiés à tort par certains, de paroisses, vont être rattachés à de nouvelles paroisses qui correspondront peu ou prou aux 25 secteurs pastoraux actuels. Il s’agira alors de repenser les rôles respectifs des EAP, des conseils économiques et autres relais d’Eglise.

Pierre-Jean Arnaud

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